"Avancer, peu importe ce que fait Bart De Wever"

Elio Di Rupo, Paul Magnette, Benoît Lutgen: tous les trois veulent "avancer". ©BELGA

Côté wallon et bruxellois, le PS s'active pour boucler leur tour de consultation. Magnette, Di Rupo et Onkelinx consultent donc, disant vouloir "avancer, peu importe ce que fait Bart De Wever" au niveau fédéral. Tour d'horizon des stratégies.

La formation des gouvernements des entités fédérées n’a toujours pas avancé d’un iota. Blocage? Le mot est sans doute trop fort pour le moment. Ce qu’il se passe, c’est que les uns et les autres se toisent.

Car la particularité de ce scrutin, c’est qu’aucun parti n’est incontournable. Il ne suffit pas d’être premier pour être assuré d’en être. La preuve: le cdH, premier parti du côté germanophone, a été jeté dans l’opposition. Le même sort pourrait être réservé au PS si l’axe MR-cdH se confirme. Mais il se pourrait aussi qu’un axe PS-MR se dessine. Ou PS-cdH (avec ou sans Ecolo, voire le FDF à Bruxelles). Inévitablement, le choix est lié à la formation du gouvernement fédéral.

 

• L'avantage du MR

Sur ce point, le MR a un avantage, le PS a besoin de lui pour reformer la tripartite ou, pour le dire autrement, pour former un gouvernement sans la N-VA. Charles Michel peut faire valoir cet argument pour négocier son entrée dans les gouvernements régionaux. Deuxième atout pour le MR: il peut tenter d’attirer des partenaires en leur laissant la ministre-présidence. À Bruxelles, par exemple, le MR pourrait accrocher le FDF en lâchant le poste de ministre-président à Didier Gosuin, champion des voix de préférence. Il suffira ensuite de trouver un argument pour convaincre le cdH.

On imagine mal le PS lâcher le poste de ministre-président. Mais il peut offrir plusieurs tickets d’entrée. Et puis, beaucoup craignent la sentence (immédiate ou future) des socialistes s’ils venaient à manigancer contre lui. Bref, à ce jour, le jeu est encore ouvert. Tout reste possible. De quoi en rendre plus d’un parano. Chacun craint que l’autre complote dans son dos et prend garde à avancer ses pions. Ce petit jeu peut continuer longtemps. Il laisse du temps à Bart De Wever pour convaincre ses futurs alliés.

Hier, après sa rencontre avec Paul Magnette et Elio Di Rupo, Benoît Lutgen, le président du cdH a dit: "Je ne maîtrise pas le timing. Mais on ne va pas encore réfléchir très longtemps. Il faut avancer. Au boulot!". Le démocrate-chrétien pousse à la décision. Il ne s’agirait pas de battre le record des 541 jours quand même!

 

Les consultations se poursuivent

Ce mercredi, les présidents du PS Elio Di Rupo et Paul Magnette reçoivent les partenaires sociaux wallons mercredi au parlement wallon, toujours dans le cadre du premier tour de consultations qu'ils ont entamé vendredi à la recherche de majorités en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils reçoivent ainsi le bureau du Conseil économique et social de Wallonie (CESW) dans la salle du Protocole du parlement wallon. Ils doivent aussi voir ce mardi les deux derniers partis présents au parlement wallon qu'ils n'ont pu encore rencontrer, le PTB-Go et le PP.
       
L'existence en Wallonie du CESW permet de condenser ces consultations en une journée au parlement wallon, alors qu'elles sont étalées sur deux jours à Bruxelles où n'existe pas une telle agence-coupole, commentait-on au PS.

Le parti, qui est arrivé premier en Wallonie, à Bruxelles et en Fédération à l'issue des élections du 25 mai, dit vouloir "avancer, peu importe ce que fait Bart De Wever", dont la mission royale d'information au fédéral pourrait être prolongée ce mardi. Bref, le PS veut "avancer", tout comme le cdH de Lutgen... Mais pour l'heure, aucune évolution n'est encore à noter.

Pour les négociations bruxelloises, Laurette Onkelinx, présidente de la fédération bruxelloise du PS, reçoit le patronat bruxellois (Beci, UCM-Unizo) et jeudi les syndicats (FGTB, CGSLB et CSC).

Le PS distille au compte-gouttes les informations sur l'agenda et la méthodologie de travail, renvoyant à mercredi pour la suite des opérations. "A chaque jour suffit sa peine", y commente-t-on.

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