Avec "Catch", Charleroi fait le pari de 10.000 nouveaux emplois

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Un ambitieux plan de redressement économique pour le bassin carolo a été imaginé par Jean-Pierre Hansen et Thomas Dermine, à la demande de Paul Magnette.

On dit qu'en athlétisme le 800 mètres est la course la plus compliquée puisqu'il s'agit de sprinter sur deux tours de stade. C'est ce qu'ont du faire les deux architectes du plan "Catch" pour Charleroi puisqu'en l'espace de cinq mois ils ont dû bâtir une feuille de route pour sortir Charleroi et le bassin carolo du marasme socioéconomique.

Le vétéran, Jean-Pierre Hansen (ex Electrabel), et le jeune loup, Thomas Dermine (ex McKinsey), ont été réunis par le ministre-président Paul Magnette, bourgmestre de Charleroi, dans la foulée de l'annonce de la  fermeture de Caterpillar Gosselies.

Hansen et Dermine ont pris le taureau par les cornes, convaincus intimement l'un comme l'autre que derrière la grisaille pointerait un renouveau économique pour Charleroi. Ils ont donc buché d'arrache-pied et se sont entourés de quelques pointures comme Bernard Delvaux (Sonaca), Jean-Jacques Cloquet (Charleroi Airport) ou Bruno Colmant tout en se faisant accompagner du Boston Consulting Group.

D'abord, le Plan Catch permet de remettre en perspective certaines idées préconçues et de battre en brèche certains clichés: l'emploi lors de la dernière décennie (2005-2015) est passé dans le bassin carolo de 126.000 à 127.000 personnes actives, malgré les fermetures symboliques comme celle de Caterpillar. Cela démontre qu'il n'y a pas de fatalité carolo et que des emplois se créent dans le bassin même si le taux de création d'emploi est inférieur à la moyenne belge et wallonne.

L'objectif général de Catch est d'accélérer la croissance pour la zone nord de Charleroi en activant les leviers existants et en créant d'autres, là où l'insuffisance a été pointée. Ainsi Catch vise-t-il à la création de 10.000 emplois nouveaux dans le bassin d'ici 2025, ce qui permettra de remettre Charleroi dans la moyenne wallonne.

 Comment y arriver?

Plusieurs axes de travail ont été développés: les aspects industriels, l'aménagement du territoire et la gouvernance.

Quatre piliers sectoriels de croissance ont été identifiés pour accélérer la transition de Charleroi vers les métiers du futur. Dans chacun d'entre eux, des propositions concrètes ont été formulées.

 -> Advanced manufacturing: dynamiser l'innovation des acteurs technologiques (AGC; Thales,...), lancer de nouveaux partenariats intra- et intersectoriels, développer l'activité de maintenance dans l'aviation civile et militaire, etc.

-> Airport and logistics: soutenir la croissance suprarégionale de l'aéroport, attirer de nouveaux acteurs dans l'e-commerce, le biopharma, mais aussi développer les métiers de la logistique de niche (médicaments, prothèses, vaccins...)

-> Health and bio: accélérer la croissance du biopark, développer un écosystème santé autour des grands hôpitaux, lancer une zone e-santé fondée sur le réseau de santé wallon

-> Creative and digital: développer un hub créatif et digital au centre de Charleroi, enclencher la transformation digitale des entreprises de la région, mettre en place une infrastructure digitale (fibre optique,...)

On notera également que les acteurs publics de l'animation économique seront regroupés au sein d'une structure économique: "Charleroi Development".

Une petite équipe, dédiée exclusivement au suivi et à la mise en oeuvre du "Plan Catch", va être mise en place. Elle sera conduite, probablement, par Thomas Dermine, accompagné de Jean-Pierre Hansen. 

La transparence est l'un des points clés de la mise en oeuvre: flexibilité et rapidité d'exécution, également. La durée de vie de cette équipe est limitée dans le temps (3 ans), elle n'a pas vocation à devenir un organe permanent.

Allez, prêt pour un nouveau 800 mètres? Go!

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