Bénéfice record à la SRIW

Olivier Vanderijst ©CORALIE CARDON

Le fonds public d’investissement wallon a enregistré un bénéfice de plus de 105 millions en 2017. D’après son président Olivier Vanderijst, la SRIW veut davantage financerla transmission d’entreprise.

La Société régionale d’investissement de Wallonie (SRIW) n’a jamais été autant sollicitée. Selon les statistiques de son activité pour 2017, elle affiche des interventions de 213 millions d’euros dans 106 entreprises, dont 44 nouveaux dossiers (166 millions dans 122 sociétés dont 45 nouveaux dossiers en 2016). Les interventions se sont faites via deux voies: 142 millions en prises de participation et 70 millions en prêts. La plus importante intervention a visé Sonaca (Gosselies) via une augmentation de capital de 85 millions d’euros. Elle a permis à l’équipementier wallon de réaliser l’acquisition du groupe américain LMI. Les entreprises soutenues en 2017 représentent environ 5.000 emplois.

nomination | eric poncin à la présidence

Situation particulière à la SRIW. Renouvelés en 2010, 11 des 12 des administrateurs ont vu leur mandat de 5 ans arriver à échéance depuis le 15 décembre 2015. La nouvelle composition du conseil d’administration (CA) se faisant attendre, ils sont prolongés d’année en année depuis lors. Le mandat du président Jean-Pascal Labille (PS) court jusqu’en 2019, mais selon nos informations, l’homme serait sur un siège éjectable. Il nous revient que le nouvel exécutif veut installer un nouveau CA qui reflète la nouvelle majorité. La présidence reviendrait au cdH. C’est Eric Poncin, secrétaire général des démocrates humanistes qui est pressenti pour présider l’un des principaux outils économiques wallons. Une autre présidence, assurée par un PS, est également dans le viseurC’est celle de la FN Herstal occupée par Jean-Sebastien Belle. Le nom de Laurent Levaux, dirigeant d’entreprise aguerri, qui est ici cité.

Elle a enregistré un résultat net consolidé positif de 74,62 millions en 2017 contre 22 millions en 2016 (7,41 millions en 2010). "2017 a été une année exceptionnelle, mais il n’était pas inattendu. Le résultat a été significativement influencé par la plus-value réalisée sur la vente d’Ogeda. Elle contribue pour 63 millions dans le résultat", explique Olivier Vanderijst, président du comité de direction.

30 millions de dividende

Deux autres éléments ont aussi contribué positivement au bon résultat. Les revenus tirés des prêts concédés sont passés d’environ 9 millions en 2010 à près de 18 millions d’euros en 2017. Dans le même temps, les frais de fonctionnement affichent 7,6 millions en 2017 contre 8,12 millions en 2010. "C’est une maîtrise des rémunérations qui s’explique par un rajeunissement des équipes et une augmentation de la productivité. Nous avons travaillé avec le même effectif en générant davantage de revenus", dit-il.

En intégrant les revenus des participations gérées en missions déléguées pour la Région wallonne dans des structures comme Wespavia (FN Herstal, Safran Aero Boosters, Sonaca) et Fiwapac, la SRIW dégage un profit de plus de 105 millions dont 30 millions de dividendes sont versés à la Région. "Nous sommes un centre de profit significatif pour notre actionnaire avec un impact positif sur l’économie wallonne. Nous sommes présents dans le financement de start-ups (biotech, digital, aéronautique, etc.) et nous finançons la croissance organico-externe de certaines entreprises. Nous sommes aussi actifs dans la transition énergétique (éolien offshore), on permet aussi le maintien des centres de décision de grandes entreprises en Wallonie. Demain, nous voulons être un acteur encore plus significatif du financement de la transmission d’entreprise", relève Olivier Vanderijst.

Investir dans les fonds

Il justifie l’intervention de la SRIW dans Air Belgium, la nouvelle compagnie aérienne. Le fonds d’investissement wallon y a injecté 2,5 millions, prenant 12,5% du capital. "Tout projet a une part de risque, mais celui d’Air Belgium a été longuement étudié. De plus, le projet se développe dans un secteur porteur. Le nombre de touristes chinois à destination de l’Europe en général et de la Belgique en particulier est appelé à augmenter. Nous sommes dans notre rôle de susciter l’émergence de nouvelles activités en Wallonie. Air Belgium sera le proof of concept de la capacité de l’aéroport de Charleroi à accueillir des vols long-courriers", plaide-t-il. Il rappelle que des actionnaires privés sont également à bord d’Air Belgium.

D’après Olivier Vanderijst, la nouvelle architecture des outils économiques wallons permettra de clarifier les rôles de chacun et de mieux articuler les relations entre la SRIW, les invests et la Sowalfin. Des participations gérées en missions déléguées devraient être intégrées directement à la SRIW entraînant in fine la suppression de certaines structures (Wespavia, Fiwapac, etc.).

La SRIW se fixe comme objectif de réaliser au moins 150 millions d’interventions en 2018. Elle a déjà investi 50 millions sur les 4 premiers mois. Elle continuera à investir dans les fonds spécialisés. "Ces fonds nous intègrent dans des réseaux internationaux et nous y avons un lien privilégié avec les équipes de gestion pour leur transmettre des dossiers d’investissement en Wallonie", conclut-il.

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