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Bruno Venanzi cherche de l'argent frais pour le Standard

Le Standard et deux talents belges, Nicolas Raskin et Hugo Siquet, ont perdu dimanche à domicile 0-1 contre leur grand rival Anderlecht. ©Photo News

Bruno Venanzi, le propriétaire du Standard, a demandé au consultant PwC de chercher un investisseur pour le club qui se trouve en grandes difficultés financières.

Les choses continuent à bouger dans les salles du conseil du football professionnel belge. Après l'annonce du week-end dernier concernant l'intention des deux figures de proue de l'AA Gent, Ivan De Witte et Michel Louwagie, de trouver des capitaux extérieurs pour leur club, le Standard a franchi une étape supplémentaire dans cette direction.

Le propriétaire Bruno Venanzi a chargé le consultant PwC de trouver de l'argent frais pour le club. Selon nos informations, Venanzi – le fondateur et ancien propriétaire de la société énergétique Lampiris – serait prêt à vendre une participation minoritaire ou majoritaire dans le club.

Les candidats-investisseurs exigeront certainement un contrôle ferme au sein du conseil d'administration, vu que le Standard est une entreprise en grande difficulté.

Contacté par nos soins, Bruno Venanzi n’a pas souhaité faire de commentaire.

D'après les rumeurs, Venanzi souhaiterait conserver la majorité des actions et faire monter un partenaire à bord. La question est de savoir si des investisseurs seront prêts à injecter des millions d'euros en échange d'un contrôle limité sur le club. Les candidats-investisseurs exigeront certainement un contrôle ferme au sein du conseil d'administration, vu que le Standard est une entreprise en grande difficulté.

Besoin de cash

Le Standard est en grande difficulté financière. Le club doit trouver des liquidités par tous les moyens possibles pour faire face à ses obligations financières. L'an dernier, avant le début de la saison dernière, les "Rouches" avaient déjà eu des difficultés à obtenir leur ticket d’entrée dans le football professionnel auprès de la commission des licences.

Bruno Venanzi. ©Photo News

La solution est venue d'une importante injection de cash dans une société de Venanzi ayant repris le stade du club. Grâce notamment à l'argent d'icônes du club comme Michel Preud'homme, Marouane Fellaini et Axel Witsel, la caisse s'est retrouvée suffisamment remplie pour assurer la continuité. Les parkings situés autour du stade ont entre-temps été vendus.

Mais les problèmes sont loin d'être résolus. Pour la nouvelle saison, il n'y avait pas d'argent pour financer des achats de joueurs ou payer des salaires élevés. Les talents Zinho Vanheusden et Michel-Ange Blikwisha ont été vendus et on s'attend à ce que les jeunes joueurs Nicolas Raskin et Hugo Siquet suivent le même chemin lors du prochain mercato.

Factoring

Le club a également vendu ses droits de retransmission en télévision à une société allemande. Cela signifie que le Standard a reçu ces millions en une fois, mais qu'il devra les rembourser par tranches à des taux élevés. Cette pratique – le factoring – est souvent utilisée par les clubs de football ayant des problèmes de liquidités, car cela leur permet d'encaisser immédiatement le montant des transferts des joueurs vendus. Mais cela signifie une perte en net étant donné que les clubs doivent débourser davantage que le montant original perçu.

81
millions d'euros
Au cours de la saison 2019-2020 – dont trois mois de crise du coronavirus – les revenus sont passés de 61 à 81 millions d'euros.

Les derniers comptes annuels montrent une image plutôt sombre. Au cours de la saison 2019-2020 – dont trois mois de crise du coronavirus – les revenus sont passés de 61 à 81 millions d'euros. Ces chiffres s'expliquent uniquement grâce aux transferts et à la vente du stade. Si l'on fait abstraction de ces éléments, le chiffre d'affaires recule de 50 à 43 millions d'euros.

C'est peu pour un club de première division. Ce n'est que grâce à ces revenus non récurrents que le club – dont les coûts se montent à 79 millions d'euros – a tout juste réussi à rester dans le vert. Il faut également souligner l'importance des frais de personnel (39 millions d'euros), qui absorbent la majeure partie des revenus commerciaux.

Dettes commerciales

À cause des pertes accumulées, les réserves du club ont fondu à 8,6 millions d'euros. Ces fonds propres ne pèsent pas lourd face au fardeau de l'endettement. Le club doit faire face à une dette financière de 21 millions d'euros.

La combinaison entre la pandémie et des transferts peu lucratifs devrait se traduire par une perte de plusieurs millions d'euros.

Il est remarquable que les dettes commerciales à long terme ont explosé de presque rien à 15 millions d'euros. C'est beaucoup, étant donné que les dettes commerciales ont en majorité des échéances très courtes. Les résultats de la dernière saison ne sont pas encore connus, mais la combinaison entre la pandémie et des transferts peu lucratifs devrait se traduire par une perte de plusieurs millions d'euros.

Pendant des années, le Standard a appliqué un modèle où les transferts de joueurs permettaient de couvrir les pertes d'exploitation. Mais aujourd'hui, la vente de joueurs ne semble plus suffire pour combler les écarts. En particulier avec la crise du coronavirus qui a encore creusé le sol sous le club.

11
équipes
Seules 11 des 26 équipes de première et deuxième divisions se trouvent encore dans des mains 100% belges.

Accord rompu

L'an dernier, le sauvetage du club semblait chose acquise. L'entrepreneur liégeois François Fornieri (secteur pharmaceutique) avait conclu un accord avec Venanzi portant sur le rachat de la moitié du club pour 15 millions d'euros. Il aurait également été question d'une reprise complète du club à terme, pour laquelle Fornieri aurait déboursé 15 millions d'euros supplémentaires.

Pour une raison inconnue, l'accord a finalement été rompu. Plusieurs versions circulent pour expliquer cette rupture. Début janvier 2021, Fornieri s'est retrouvé dans le collimateur de la justice. Il est aujourd'hui soupçonné de délit d'initié en lien avec les actions de son entreprise Mithra. Auparavant, il avait été soupçonné pour son rôle dans une affaire liée au véhicule semi-public wallon Nethys.

Un an avant la vente de Lampiris, Venanzi a racheté le Standard au fondateur de Melexis, Roland Duchâtelet. Venanzi détient pratiquement toutes les actions du Standard.

Bruno Venanzi est le fondateur du fournisseur d'énergie Lampiris, qu'il a vendu il y a cinq ans au géant pétrolier français Total. Il avait créé l'entreprise en 2003, avec le Flamand Bruno Vanderschueren.

Un an avant la vente de Lampiris, Venanzi a racheté le Standard au fondateur de Melexis, Roland Duchâtelet. Venanzi détient pratiquement toutes les actions du Standard. L'an dernier, tant le club que son président se sont retrouvés dans le viseur de la justice. Venanzi a fait l'objet de perquisitions dans le cadre d'une enquête sur des irrégularités liées à des transferts.

Les choses ne bougent pas uniquement à l'AA Gent et au Standard. À la suite d'une récente vague d’investissements, seules 11 des 26 équipes de première et deuxième divisions se trouvent encore dans des mains 100% belges. Anderlecht cherche, lui aussi, des capitaux frais tandis que le KV Kortrijk et le KV Mechelen sont à vendre.

Le Standard en chiffres

Chiffre d'affaires (2019-2020): 81,3 millions d'euros.
Bénéfice net: 190.000 euros.
Fonds propres: 8,6 millions d'euros.
Dette financière: 21 millions d'euros.
Propriétaire: Bruno Venanzi (99,9%).

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