Budget wallon: déjà près de 300 millions d'économies pour 2014

L'Olivier wallon (de g. à dr.: Jean-Marc Nollet, Ecolo, Rudy Demotte, PS, et André Antoine, cdH) (photo Belga) ©BELGA

Le gouvernement wallon s'est accordé pour réaliser 286 millions d'économies dans le budget 2014. Ce budget n'est néanmoins pas encore bouclé. Le travail reprendra à la rentrée.

Les ministres des gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont mis fin aux travaux budgétaires mardi soir, après avoir trouvé 286 millions pour 2014, dont des recettes nouvelles.

Le budget 2014 n'est néanmoins pas encore bouclé. Les gouvernements reprendront ses travaux dès la rentrée de septembre afin de se conformer au calendrier européen, précise le ministre-président Rudy Demotte dans un communiqué.

La nuit du lundi au mardi, les  gouvernements avaient déjà bouclé vers 3 heures du matin  le second ajustement budgétaire de 2013 et "bien avancé" sur la préfiguration du budget de 2014. 

Les travaux se sont poursuivis mardi en fin de journée dans une ambiance particulièrement tendue. Fait marquant, le cdH, orphelin de sa ministre de l'enseignement, Marie-Dominique Simonet, démissionnaire pour raison de santé, n'était pas présent pour le rapide débriefing qu'a réalisé Rudy Demotte à la sortie de l'Elysette. 

En l'absence de la détentrice du portefeuille où risquent de se réaliser les plus grosses économies, le gouvernement n'a probablement pas pu finaliser les arbitrages. Mais, selon le quotidien Le Soir, la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit une diminution des moyens financiers des écoles du réseau officiel, une mesure qui pourrait rapporter 30 millions d'euros.

La nouvelle ministre, Marie-Martine Schinz, prête serment ce mercredi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C'est avec elle que reprendront donc les discussions en septembre prochain.

Durant la journée, il se disait pourtant que les partenaires étaient tombés d'accord pour avancer à 2014 le retour à l'équilibre budgétaire prévu pour 2015. Néanmoins, compte tenu des montants d'économies réalisés (286 millions au lieu des 500 millions qui auraient été, au minimum, nécessaires), et du report des travaux, on peut supposer que cela n'a pas (encore) été possible.

"Les nouveaux paramètres de croissance, revus à la baisse (0% au lieu des 0,2% attendus précédemment), ainsi que la prise en charge du déficit des pouvoirs locaux négociée avec le fédéral "rendent l'exercice particulièrement difficile", souligne le cabinet de Rudy Demotte.

 Pour 2014, il faut en outre tenir compte des futurs transferts de compétences amputés de 10% de leur financement. 

140 millions d'euros économisés sur 2013

Pour 2013, la région et la fédération ont réalisé un ajustement se chiffrant à 140 millions d'euros. Les réductions de dépenses porteront elles sur la fonction publique (blocage de recrutements dès 2014 et, dès 2013, non-recrutement de contractuels engagés dans l'attente de statutaires) ainsi que les frais de fonctionnements (-2%), tous secteurs et compétences confondus.

Concrètement, voici quelques unes des mesures qui ont été adoptées cette nuit:

- une taxe de 3 euros sur les billets d'avions. Cette mesure devrait rapporter 20 millions d'euros en 2014,

- une redevance d'environ 8.000 euros sur les mâts d'antenne GSM et les mâts éoliens

- des renforts de contrôles sur les camions en surpoids 

- des droits d'enregistrement sur les "fausses maisons modestes"

- On élargira aussi quelque peu les horaires de fermeture d'éclairage autoroutier, pour économiser un million d'euros.

-  Selon le quotidien Le Soir, la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit une diminution des moyens financiers des écoles du réseau officiel . La mesure pourrait rapporter plus de 30 millions d'euros. Elle épargnera cependant les professeurs (nombre, conditions de travail et salaires seront préservés).

 

Repousser la boule de neige?

Le gouvernement wallon a reporté une bonne partie de l'obstacle budgétaire dès lors que, selon le ministre du Budget André Antoine, il avait été convenu de discuter aussi du budget de 2014. Mais repousser la boule de neige devant soi n'est pas vraiment la solution, a affirmé mardi matin, Willy Borsus, chef du groupe MR au parlement wallon.
   
Le chef de file des libéraux wallons a dit observer combien la situation était tendue au sein du gouvernement Demotte, au point, dit-il, d'y empêcher la prise d'un certain nombre de décisions "dans des délais opérationnels", à l'image du dossier du photovoltaïque.
    
Willy Borsus a plaidé pour "une opération vérité" budgétaire, qui fait défaut pour le moment en Wallonie.
    
Commentant l'annonce du remplacement d'un départ sur trois dans la fonction publique wallonne, Willy Borsus a réitéré le plaidoyer de son parti pour une réduction d'un quart des fonctions dirigeantes dans les administrations wallonnes.
    
Il a également estimé qu'il y avait de l'argent à récupérer dans la politique de communication du gouvernement wallon, s'interrogeant sur l'impact sur les investissements de la campagne autour du logo "wallonia".
    
Willy Borsus a enfin estimé qu'il fallait avant tout augmenter les recettes indolores pour les citoyens et les entreprises wallonnes, par exemple en taxant les camions qui passent par le territoire wallon et en travaillant sur les structures comme celles du logement.  "Il faut diminuer ce côté cigale et seulement en dernier recours se tourner vers le citoyen, mais avec un discours franc", a-t-il conclu.

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