Catch, une parenthèse inspirante pour Charleroi

©Photo News

Installée au lendemain de la fermeture de Caterpillar, la cellule Catch a terminé sa mission. Elle laisse en héritage une dynamique et la création de 4.000 emplois.

On ne reviendra que très brièvement sur l’histoire. Septembre 2016, le coup de massue tombe pour les plus de 2.000 travailleurs de Caterpillar. Les Américains quittent Gosselies. Après le choc, place à la réaction. Elle est nécessairement économique avec la mise en place de la cellule Catch en juin 2017. Sa mission : donner les orientations stratégiques afin d’accélérer le redéploiement stratégique de la métropole carolorégienne.

État stratège et l'inconnue Caterpillar

Quatre écosystèmes sont ciblés pour accélérer le redéploiement: Advanced Manufacturing, Airport & Logistic, Health & Bio, Creative & Digital. À cette colonne vertébrale viendra se greffer l’alimentaire. Pour booster ces secteurs, les acteurs sont appelés à jouer sur quatre leviers : la formation, les infrastructures, les investissements étrangers et la recherche.

Avec cette méthodologie, Catch ne cache pas ses ambitions : métamorphoser le paysage industriel de la ville, redynamiser les outils dédiés à l’animation économique et arriver à créer entre 6 et 8.000 emplois directs d’ici 2025. Le tout en suivant une planification urbaine très précise avec par exemple le développement du secteur Creative & Digital dans le bas de la ville, l’Advanced Manufacturing le long de la Sambre. «L’objectif du plan Catch est de renforcer les écosystèmes sectoriels pour accélérer la création d’emplois en leur sein », résume la cellule.

Voilà pour le pitch ! Trois ans plus tard, l’heure est au dernier bilan pour la delivery unit dont la mission s’est officiellement terminée en juin. Côté pile, certains ne manquent pas de pointer l’absence d’un projet concret autour de la reconversion de l’ancien site de Caterpillar. «L'avenir du site de Caterpillar, cela reste une interrogation aujourd’hui », reconnaît Thomas Dermine, ex-coordinateur de la cellule et aujourd’hui responsable du centre d’études du Parti socialiste. Mais il se défend. «Catch, ce n’est pas que la reconversion du site de Caterpillar. Il ne faut pas réduire tout le travail que nous avons fait autour de Caterpillar. » Pour contrecarrer la critique, il met en avant les conclusions du rapport final du plan Catch.

"Catch, ce n’est pas que la reconversion du site de Caterpillar. Il ne faut pas réduire tout le travail que nous avons fait autour de Caterpillar."
Thomas Dermine
ex-coordinateur de la cellule Catch

4.000 emplois créés

Commençons par l’emploi. Selon le rapport finalisé en juin, "les objectifs de création d’emploi sont en phase avec les ambitions initiales". Soit 4.000 emplois créés. Les 6 à 8.000 emplois à créer d’ici 2025 restent atteignables « mais on ne sait pas estimer l’impact du covid sur la structure de l’emploi. Il y aura probablement un effet négatif au niveau des projets autour de l’aéroport. L’impact peut par contre être positif autour des biotechs », explique Thomas Dermine.

Derrière ces chiffres, il y a des réalités et 35 projets concrétisés. Dans la pépinière carolo des biotechs, « l’année 2019 s’est soldée par la création de 8 nouvelles entreprises », avance par exemple le document. Le rapport pointe aussi la mise en place des projets A6K/E6K destinés à accélérer l’incubation  des projets dans le domaine des sciences de l’ingénieur. Il y a aussi l’arrivée de formations en électronique de l’énergie à destination des futurs ingénieurs. "La dynamique", pointe Thomas Dermine, "ne s’arrête pas à la création d’entreprises. Le projet voulait aussi insuffler une dynamique collective entre acteurs venant du privé, des centres de recherche et des outils publics."

Le modèle Noshaq

Place maintenant à une nouvelle étape. Si Catch disparaît, ses initiateurs espèrent en maintenir l’esprit et la dynamique, notamment à travers l’intégration de ses missions dans Sambrinvest. L’invest carolo a d’ailleurs profité de ce transfert pour revoir sa stratégie avec l’aide du consultant Roland Berger et renforcer ses actions dans les 4 écosystèmes pointés par Catch. À l’image de son cousin liégeois Noshaq, Sambrinvest veut étendre « son offre de services au-delà du financement, dans certains secteurs, par des services adjacents au financement, tels que l’immobilier structurant et l’accompagnement des entreprises dans leur développement. »

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés