Charleroi avance prudemment sur la gratuité dans les transports en commun

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Charleroi pourrait lancer une étude afin de jauger la possibilité d'instaurer la gratuité des transports en commun. De nombreux obstacles subsistent.

La motion est avant tout symbolique et surfe sur cette fièvre climatique qui s’est emparée de la campagne électorale. Au conseil communal de Charleroi ce lundi soir, le groupe Ecolo, qui est en majorité avec le PS et C + à la Ville, a déposé avec l’opposition PTB une motion visant à engager une réflexion sur la gratuité des transports en commun sur l’ensemble du territoire de Charleroi comme le soulignait la DH dans son édition de lundi.

À ce stade, il s’agit avant tout d’une réflexion lancée au bas d’un texte qui fait surtout état des dernières démarches citoyennes en faveur du climat. C’est dans ce contexte que les deux partis, probablement rejoints par le PS et C +, invitent le conseil communal de la Ville à "lancer une étude pour examiner la possibilité d’instaurer rapidement la gratuité des transports en commun à Charleroi". Selon le PTB, le coût de cette gratuité avoisinerait les 6 millions par an. "Sur un budget global de plus de 400 millions, la Ville peut facilement supporter cette charge", estime Sofie Merckx du PTB.

La Ville n’entend cependant pas foncer tête baissée dans le tout gratuit. "Je pense qu’il faut avant tout attendre les résultats de cette étude mais à mes yeux, examiner uniquement la gratuité serait une erreur. On ne peut pas imaginer lancer la gratuité si l’offre de transport en commun ne suit pas. Nous avons déjà aujourd’hui des bus qui sont bondés en heures de pointe. La qualité du service doit suivre", précise l’échevin Ecolo en charge de la Mobilité à Charleroi Xavier Desgain.

Handicaps

Derrière cette lecture rationnelle, Xavier Desgain pointe une série de handicaps qui freinent encore les transports en commun carolos. "Les fréquences sont limitées, il manque de sites propres et les horaires ne sont pas suffisamment étendus en soirée. La gratuité n’aurait aucun sens si on n’améliore pas ces problèmes."

"La gratuité tout de suite pour tout le monde n’est pas raisonnable financièrement."
Eric Goffart
Échevin C +

Son partenaire C +, qui doit cosigner la motion ce lundi soir, reste également prudent. "La gratuité n’est pas une solution qui peut s’appliquer en un claquement de doigts. La priorité aujourd’hui est de tendre vers une plus grande accessibilité du transport en commun. Mais la gratuité tout de suite pour tout le monde n’est pas raisonnable financièrement. Elle ne doit surtout pas freiner des investissements que prévoit le TEC à Charleroi. Toutes les villes qui ont fait l’expérience de cette gratuité en reviennent", temporise l’échevin Eric Goffart.

Du côté de l’opérateur wallon des transports en commun, le TEC estime que toute étude qui vise à analyser la gratuité des transports en commun doit se faire en suivant 2 objectifs: "Combien cela coûterait-il pour aller plus loin dans la tarification sociale et va-t-on amener dans les transports en commun l’automobiliste qui traverse Charleroi?"

La gratuité des bus n'est pas envisagée à Liège

L'instauration de la gratuité sur le réseau de bus du TEC Liège-Verviers n'est pas envisagée à Liège. Une tarification modulée sur base de catégories d'âge, des distances parcourues et des revenus est davantage privilégiée, a précisé lundi soir Gilles Foret, échevin de la Mobilité en Cité ardente. 

Au conseil communal de Liège, lundi soir, le PTB a interrogé le collège communal quant à ses intentions au niveau du réseau de bus du TEC Liège-Verviers, alors que la ville de Liège a approuvé le Plan urbain de Mobilité (PUM) qui envisage diverses mesures à mettre en oeuvre d'ici 2030 en vue d'améliorer la mobilité dans l'agglomération liégeoise. Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB, souhaitait savoir si la ville de Liège envisage d'emboîter le pas à la ville de Bruxelles en commandant une étude sur la gratuité des bus sur le réseau du TEC Liège-Verviers.

L'échevin liégeois de la Mobilité a d'emblée répondu que la gratuité des bus du TEC n'est pas la meilleure option pour diverses raisons, à commencer par le coût que cela représenterait, soit 12 millions d'euros par an. "Il ressort d'expériences menées ailleurs que la gratuité a démontré son inefficacité. Le nombre de non-automobilistes a surtout évolué dans le but de se passer des modes doux. Cela n'a pas davantage encouragé à délaisser la voiture", a-t-il précisé.

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