Charleroi et Mons misent sur la monnaie locale

L'hôtel de ville de Charleroi. La métropole vient de dévoiler son plan de relance.

Afin de stimuler l'économie locale dans le cadre de leur plan de relance, les deux villes vont encourager l'usage d'une monnaie locale. Charleroi va distribuer 20 Carol'Or à ses 200.000 habitants.

Après le Fédéral et l’expansion du droit passerelle pour les indépendants, ou la Région wallonne à travers ses aides financières de 2.500 à 5.000 euros octroyées à une série d’acteurs économiques comme l’horeca et les indépendants, les communes wallonnes passent à l’action. Après Mons il y a quelques jours, et en attendant celui de Liège à la fin du mois, Charleroi dévoile à son tour son plan de relance.

"En 2021, nous estimons que le manque à gagner pour l’additionnel à l’IPP sera de 1,5 million à 2 millions. C’est une baisse considérable qu’on explique par le nombre de personnes qui ont été mises au chômage."
Nicolas Martin
Bourgmestre de Mons

Le contexte est évidemment difficile pour les municipalistes, qui doivent jouer entre des dépenses en hausse et des recettes qui s’écrasent dans un cadre budgétaire étriqué. D’après les premières estimations réalisées par le gouvernement wallon, l’impact de la crise du Covid sur les recettes et les dépenses locales représentera un déficit de 180 millions d’euros pour l’ensemble des communes cette année. Il pourrait même monter à 300 millions en 2021.

Rien qu’à Mons par exemple, le bourgmestre Nicolas Martin s’attend à perdre 200.000 euros au niveau des taxes hôtelières cette année et 500.000 euros suite aux exonérations fiscales accordées à différents acteurs économiques. "Et en 2021, nous estimons que le manque à gagner pour l’additionnel à l’IPP sera de 1,5 million à 2 millions. C’est une baisse considérable qu’on explique par le nombre de personnes qui ont été mises au chômage." Charleroi évalue de son côté les pertes liées aux exonérations sur de nombreuses taxes à environ 1,8 million cette année.

Face à ce mur qui aurait pu les empêcher de lancer un plan de relance, la tutelle régionale, via son ministre en charge des Pouvoirs locaux, a récemment autorisé des dépassements de déficit. Chaque entité locale pourra aussi emprunter jusqu’à 100 euros par habitant pour financer un plan de relance afin de venir en aide aux ménages ou aux entreprises. Voilà pour le contexte.

Payer son pain avec un Carol’Or

Direction Charleroi maintenant, où la métropole carolorégienne vient de dévoiler son plan de relance. Il se traduit par un budget exceptionnel de 10 millions d’euros bouclé via un emprunt. Afin de soutenir la consommation locale, la ville entend par exemple booster l’utilisation du Carol’Or, sa monnaie locale. "Vingt Carol’Or seront ainsi distribués à chaque citoyen", soit un budget total de 4 millions. L’objectif est d’encourager les circuits courts et les habitants de la ville à faire leurs achats dans les commerces, restaurants et cafés locaux. La mesure devrait être prête en septembre. "Nous allons lancer une grosse campagne de marketing afin de susciter l’adhésion d’un maximum de commerces", explique la ville.

"Vingt Carol’Or seront distribués à chaque citoyen."
La ville de Charleroi

Charleroi n’est pas la seule ville de Wallonie à utiliser le levier de la monnaie locale pour stimuler l’économie locale. La ville de Mons va ainsi débloquer 150.000 euros pour financer une mesure similaire. "Nous recherchons un opérateur privé pour mettre sur pied la mesure", explique son bourgmestre Nicolas Martin.

À côté du Carol’Or, Charleroi va octroyer des aides directes de 1.000 à 10.000 euros par établissement aux restaurants et aux cafés. Le soutien au secteur horeca passera aussi par "le remboursement plafonné à 1.000 euros des frais d’agrandissement, de rénovation ou d’installation de terrasses". La ville de Mons a récemment pris une série d’initiatives similaires pour ses commerces impactés par la crise et les mesures liées au confinement. "Notre plan passe par l’octroi d’une prime de 5.000 euros aux 1.000 commerçants non horeca de la ville et de 7.500 euros pour les 450 établissements horeca ainsi que pour les salles de gym (hors enseignes internationales, NDLR)", explique Nicolas Martin.

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