L'entreprise wallonne CMI produira des armes en Arabie saoudite

©CMI group

CMI crée avec SAMI, la société militaire industrielle saoudienne, une joint-venture basée en Arabie saoudite. L’objectif: y développer une activité industrielle locale dans les tourelles de chars.

La société belge CMI, basée à Seraing, a signé lundi un accord avec l’Arabie saoudite pour créer une joint-venture spécialisée dans les tourelles de chars.

CMI Defence détient 49% de cette joint-venture, et SAMI, la société militaire industrielle saoudienne, 51%. La joint-venture est basée en Arabie saoudite, avec pour vocation de concevoir et de fabriquer du matériel militaire, avec du personnel local. "Les autorités saoudiennes, via la société SAMI, ont choisi une série de partenaires internationaux comme Boeing, Lockheed Martin et nous, pour créer des joint-ventures destinées à développer une activité défense dans leur pays, confirme Xavier Rigo, porte-parole de CMI Defence. Nous avons été sélectionnés pour les tourelles de blindés légers parce qu’ils nous connaissent, et qu’ils connaissent la qualité de nos produits."

"Les autorités saoudiennes nous ont choisis pour développer une activité défense dans leur pays."
Xavier Rigo
Porte-parole de CMI Defence

Selon le porte-parole de CMI, cette joint-venture devrait avoir des retombées indirectes sur la maison-mère, notamment au niveau du bureau d’études, mais ne devrait pas nécessairement remettre en question les activités de CMI en Belgique. En clair, elle ne vient pas remplacer le très gros contrat que CMI Defence a signé en 2014 avec le canadien GDLS. Un contrat de 10 ans, qui implique le transfert au Canada de tourelles conçues par CMI, où elles sont intégrées sur des blindés qui sont envoyés en Arabie saoudite.

CMI a déjà livré plus d’une centaine de tourelles, mais le Premier ministre canadien Justin Trudeau, critiqué par l’opposition et les défenseurs des droits de l’homme, cherche à annuler ce contrat. Et si CMI a reçu de la Région wallonne les licences d’exportation nécessaires, ces licences doivent être renouvelées tous les 18 mois, et font de plus en plus débat.

Fabriquer directement en Arabie saoudite permettra à CMI de se passer de ces procédures. Mais gageons que la création de cette joint-venture par une société belge dans un pays où les organisations des droits de l’homme appellent souvent à boycotter les ventes d’arme ne manquera pas de déclencher d’autres controverses.

CMI se refuse à chiffrer l’activité potentielle qui devrait être générée"Il s’agit de commandes qui n’existent pas encore, souligne Xavier Rigo. C’est à l’Arabie saoudite de définir ses ambitions en équipement militaire, puis de soumettre à cette joint-venture et peut-être à d’autres entreprises leurs appels d’offres."

Cet accord fait partie d’un large plan d’investissement de Riyad, qui veut mobilier 427 milliards de dollars d’investissements sur 12 ans dans l’industrie, les infrastructures et les services. Lundi, pas moins de 37 accords ont été signés, pour une valeur totale de 55 milliards de dollars, avec des investisseurs étran gers et locaux, lors d’une cérémonie à Riyad.

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