Dans le dossier Legoland, le PS veut plus de garanties

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Le député Maxime Hardy estime que la création d'emplois directs ne doit pas être le seul critère pour déterminer la réaffectation d'un site comme celui de Caterpillar.

La Wallonie doit-elle miser sur l’arrivée d’un Legoland sur l’ancien site de Caterpillar à Charleroi, déserté depuis le départ des Américains il y a 4 ans ? Depuis quelques semaines et l’apparition du nom du groupe de loisirs Merlin Entertainments dans la liste des prétendants pour occuper ce site, les commentaires vont bon train.

Un tiens vaut-il mieux que deux tu l’auras?

Du côté des optimistes (ou des pragmatiques), comme le ministre de l’Economie Willy Borsus (MR), on mise énormément sur l’arrivée d’un parc d’attractions susceptible de créer entre 800 et 1.000 emplois directs. Sans fétichisme, le dossier Legoland est vu à Namur comme un moyen d’oublier le quasi-échec créé par l’arrivée avortée de Thunder Power. Le ministre de l’Economie ne s’en est d’ailleurs pas caché. Alors que la Wallonie n’entend plus faire de l’arrivée du constructeur de voitures électriques une priorité, Willy Borsus estime que le dossier Legoland est suffisamment crédible et solide pour que la Région wallonne travaille sur un partenariat financier avec Merlin Entertainments.

Le bourgmestre de Charleroi veut toujours croire en l’arrivée des voitures chinoises de Thunder Power dans sa ville.

Le clan carolo semble, lui, plus perplexe sur le dossier Legoland. Sans l’enterrer, le bourgmestre de Charleroi veut toujours croire en l’arrivée des voitures chinoises de Thunder Power dans sa ville. Derrière cette position, le socialiste Paul Magnette entend avant tout rappeler que sa ville mise sur une reconversion industrielle pour le site de Caterpillar. Le projet du repreneur doit ainsi s’inscrire dans un schéma vertueux qui permettrait d’attirer d’autres acteurs industriels autour d’un écosystème. La position du socialiste est même partagée par l’Union wallonne des entreprises, qui plaide pour que le site conserve son affectation industrielle et, demain, puisse jouer un rôle de levier dans la réindustrialisation de la Wallonie.

Objectiver la question

Voilà pour le contexte. Et si pour l’heure personne, entre les pro-Legoland et les fidèles de la première heure à Thunder Power, n’entend enterrer l’un ou l’autre dossier, le député socialiste Maxime Hardy a demandé à Willy Borsus une objectivation du débat sur la réaffectation des friches industrielles, notamment par le recours à des indices composites.

"Les défis autour de la reconversion d’un tel site sont plus larges que la simple création d’emplois directs et indirects."
Maxime Hardy (PS)
Député wallon

Si le député carolo ne cache pas sa préférence pour un projet qui s’inscrit dans une vision de clustering industriel plutôt que pour l’arrivée d’un parc d’attractions, il réclame du gouvernement une étude approfondie. "Le projet Legoland, Thunder Power ou un autre projet industriel doit s’inscrire dans une filière d’avenir. Il y a de la main-d’œuvre à Charleroi. Il faut objectiver cette décision. Les défis autour de la reconversion d’un tel site sont plus larges que la simple création d’emplois directs et indirects. Il faudrait également tenir compte de la nature du projet (touristique, industriel,..) au regard du classement du site. On peut également intégrer la qualité de l’emploi qui sera créé, les émissions de CO2 qui seront émises ou encore l’inscription du projet dans les axes de spécialisation intelligente de la Wallonie. Mais il ne faut pas se limiter uniquement à la création d’emplois directs et indirects. Le dossier Legoland est ainsi un bel exemple qui pourrait servir de point de départ pour cette analyse."

Interpellé, le ministre Borsus a tenu à rassurer le député en rappelant que ces critères d’analyse sont déjà repris dans une grille utilisée par les outils économiques et l’Awex au moment d’examiner les projets des prospects.   

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