Davantage de Wallonnes ont un job, mais à quel prix?

L’accès au marché du travail est toujours inégal. ©Roel Burgler/Hollandse Hoogte

Les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail en Wallonie. Et ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle.

Pas de suspense, l'inégalité entre les hommes et les femmes au travail persiste. Sur le marché du travail wallon, le taux d’emploi des femmes reste inférieur à celui des hommes quelle que soit la tranche d’âge. C’est parmi les 50-64 ans que la différence entre femmes et hommes reste la plus prononcée. Etre une femme de plus de 50 ans en Wallonie, c'est subir une double discrimination liée à l'âge et au genre. 

Malgré tout, l'évolution de la situation est positive: les femmes représentent une part croissante du marché du travail en Wallonie. L'écart entre les sexes diminue donc, rapporte ce vendredi l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps)Concernant le taux de chômage, c'est la tendance inverse depuis 2012: celui des hommes devient plus important que celui des femmes.

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Peut-on dès lors se réjouir de la présence toujours plus importante des femmes sur le marché du travail? Non, on vous explique pourquoi. 

En Wallonie, 43,7% des femmes salariées travaillent à temps partiel pour 9,9% des hommes. Une des explications possibles serait une plus grande propension des femmes à choisir un temps partiel qui permet de mieux concilier vie professionnelle et vie familiale. Vraiment? 

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En réalité le travail à temps partiel des femmes est beaucoup plus souvent le résultat de contraintes que de choix. L'étude de l'Iweps constate qu'au plus une femme a un niveau de diplôme élevé, au plus l’emploi à temps partiel est faible. Et c'est sans surprise dans les emplois précaires, de faible qualité et dans des secteurs d’activité souvent peu valorisant que l'on retrouvera les femmes peu diplômées.

Autrement dit, il est en réalité inapproprié d’expliquer le travail à temps partiel par le choix individuel de ces femmes. Les femmes subissent des contraintes qui les forcent à accepter de travailler à temps partiel, qui n’apparaît comme un choix personnel que pour 7% des femmes interrogées.

Des métiers "de femmes"

Les professions les plus féminisées en 2015 sont les professions de la vente et les professions d’ouvrières et d'employées non qualifiées. Plus d'une femme sur trois occupait en 2015 une profession peu qualifiée. Et cette situation est inquiétante puisqu'elle est en augmentation par rapport à 2009. 

Les hommes, eux, se concentrent davantage dans les postes de dirigeants et cadres supérieurs. En 2015, 69,4% des dirigeants et cadres supérieurs étaient des hommes. Une inégalité qui s’est renforcée puisqu’ils étaient 66,8% en 2009. Bref, la présence des femmes dans les postes à responsabilités est en diminution au cours de ces dernières années. 

Ces résultats mettent en avant la persistance du plafond de verre et le poids des inégalités au sein du marché du travail wallon.  

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