Des conseils pour les patrons wallons en manque d'ambition

©Lieven Van Assche

Pour le consultant EY et le patronat wallon, il faut mieux cibler les aides aux entreprises et en finir avec le saupoudrage des subsides en Wallonie.

Une étude menée par le consultant EY montre une nouvelle fois que, malgré l’esprit d’entreprendre qui anime de nombreux patrons et les multiples incitants financiers distribués aux PME par les pouvoirs publics, les patrons wallons manquent d’ambition pour la croissance de leur société. "Or, cette croissance est ce qui permet d’agrandir la part du gâteau et de créer plus d’emplois", rappelle Marie-Laure Moreau, responsable Wallonie pour EY.

Sortir de sa zone de confort

Ce constat a quelque chose de cruel car il sonne comme un rappel à l’ordre aux oreilles des patrons. "Les entreprises wallonnes ont compris le défi de l’innovation et neuf entreprises sur dix interrogées expriment une volonté de croissance de leur chiffre d’affaires, mais s’y opposent une série de facteurs exogènes et endogènes", constate la responsable de l’enquête.

"La culture wallonne favorise peu l’entrepreneuriat, l’innovation et la croissance."
Marie-Laure Moreau
EY

Si une des explications de cette faible croissance des PME wallonnes est "que les entrepreneurs restent trop dans leur zone de confort", l’enquête menée auprès d’un échantillon de chefs d’entreprise fait ressortir d’autres freins. On y découvre par exemple que 16% des entreprises interrogées rejettent la faute sur un actionnaire trop "timide". Elles sont 12% à pointer la frilosité du management.

Évidemment, d’autres freins à la croissance entrent en ligne de compte, comme le coût du travail, la fiscalité et la pénurie de talents. "Cette pénurie de talents est un enjeu, car cela ne se crée pas en quelques mois par une réforme."

L’aspect culturel est également un facteur à tenir à l’œil en Wallonie. "La culture wallonne favorise peu l’entrepreneuriat, l’innovation et la croissance. Le rôle syndical est pointé du doigt par les personnes interrogées qui estiment que la culture syndicale représente l’antithèse de l’innovation, de l’évolution, de la compétitivité et de la croissance dans un monde globalisé."

La fin du saupoudrage

Face à ces constats, le consultant estime qu’il est temps "de proposer aux entreprises wallonnes, dont le potentiel de croissance a été validé, un programme régional de stimulation et d’accompagnement à la croissance."

L’union wallonne des entreprises (UWE) embraye dans ce sens. "Plutôt que de saucissonner les aides aux entreprises, ne doit-on pas être plus sélectif et aider les entreprises qui sont à 50 personnes pour les amener à 100 personnes", estime Olivier De Wasseige, administrateur délégué de l’UWE.

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