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Double lecture politique pour le budget wallon

©BELGA

Le ministre wallon du Budget se réjouit de voir les finances wallonnes revenir à l’équilibre en 2019. L’analyse est cependant contestée par l’opposition socialiste.

L’exercice est comme de coutume périlleux. Deux mois après avoir bouclé son budget 2019, le ministre Jean-Luc Crucke (MR) était attendu au Parlement wallon ce lundi pour présenter aux députés les grandes lignes de ce qui rythmera les finances wallonnes l’année prochaine. Et sans surprise, le ministre du Budget a pu compter sur une opposition remontée à blanc.

Pour le PS, le budget wallon est "factice" et fait de "trucs et astuces".

Le parti socialiste reproche au gouvernement MR-cdH de présenter un budget "factice" fait de "trucs et astuces" qui ne tiennent pas la route pour "accrocher un trophée en annonçant un équilibre SEC (système européen des comptes, NDLR)", analyse Pierre-Yves Dermagne, le chef du groupe socialiste au Parlement wallon. L’analyse des socialistes cible principalement le 1,254 milliard qui représente le solde brut à financer par la Région l’année prochaine afin de maintenir à l’équilibre les recettes (12,272 milliards) et les dépenses (14,172 milliards). "On peut se demander comment on parvient à un budget en équilibre alors que les dépenses augmentent davantage que les recettes." Pierre-Yves Dermagne s’interroge surtout sur ce qu’il voit comme un "miracle" wallon derrière l’explosion des corrections SEC qui permettent de passer d’un solde à financer à un solde SEC. Derrière ce langage financier très technique imposé par l’Europe, les corrections SEC cachent des mesures comme des réductions de dépenses dans les budgets de fonctionnement et de rémunération de l’administration publique wallonne. Le gouvernement a aussi misé sur une série de sous-utilisation de crédits. "Ces corrections SEC correspondent à la virgule près au solde brut à financer à l’initial 2019 (-1,254 milliard)", s’étonne Pierre-Yves Dermagne qui n’hésite pas à y voir "un véritable tour de passe-passe", du ministre Crucke.

Bien préparé pour affronter la tempête, Jean-Luc Crucke conteste cette clé de lecture socialiste. "Notre budget ne fait appel à aucune ficelle budgétaire. Il a été réalisé avec le sérieux qui a peut-être manqué lors des législatures précédentes", a assuré le ministre qui souligne que l’accroissement de la dette a par ailleurs "été largement revu à la baisse" alors que les socialistes s’inquiètent de la voir augmenter de 2,36 milliards (+ 11%) en 2 ans (1,10 milliard en 2018 et 1,26 milliard en 2019). "La diminution potentielle de l’accroissement de la dette s’élève à 130,4 millions entre l’initial de 2017 et celui de 2019. En d’autres mots, la dette wallonne augmente mais à un rythme désormais moins rapide."

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