Élèves brosseurs: polémique sur la suppression des allocations

©BELGA

Le ministre wallon de l'Action sociale s'oppose à la proposition du MR Pierre-Yves Jéholet, qui demande la réduction voire la suppression des allocations familiales pour les enfants ne fréquentant pas suffisamment l'école.

La polémique enfle au sujet de la volonté affichée par le MR de réduire voire supprimer les allocations familiales aux parents d'un élève qui ne fréquente pas assez l'école.

"C'est une fausse bonne idée, contraire au droit de sécurité sociale et qui est contre-productive en termes d'éducation et de responsabilisation", a affirme le ministre wallon de l'Action sociale Maxime Prévot cdH.

Il évoque la France, "qui a fait marche arrière en la matière après avoir expérimenté infructueusement la mesure", et affirme que "ce n'est pas par le biais de la suppression des allocations familiales que l'on règlera le problème de l'absentéisme à l'école".

Selon le ministre cdH, cette proposition avancée mardi par le chef de groupe MR Pierre-Yves Jeholet entraînerait des "dépenses administratives colossales et des difficultés de gestion importantes", engendrant "une gestion kafkaïenne dans les écoles, dans les caisses d'allocations familiales et l'administration".

Les élus écolos se sont également élevés contre la proposition, à l'image du chef de groupe Ecolo Stéphane Hazée.

Pierre-Yves Jeholet a plaidé mardi pour "des allocations identiques pour chaque enfant, la suspension voire le retrait pour les élèves qui ne vont pas assez à l'école", ainsi que pour l'extension de la majoration aux "orphelins sociaux", ces enfants dont l'un des parents ne verse pas les contributions alimentaires.

Ferme opposition de la Ligue des Familles

Interrogée par la Libre Belgique, la secrétaire politique de la Ligue des Familles, Delphine Chabbert a répété leur opposition ferme à ce projet, déjà mis sur la table par le MR il y a plusieurs années. "Une telle idée résulte d’une mauvaise interprétation de ce que sont les allocations familiales, à savoir un revenu pour l’enfant dont les parents se servent pour lui assurer une vie digne. Il s’agit d’un instrument de lutte contre la pauvreté et d’un outil de solidarité collective par lequel la société participe à l’entretien des générations futures. On est hors du champ éducatif.  Les parents ne suivent pas la scolarité de leurs enfants pour des raisons financières. Utiliser les allocations familiales pour s’attaquer au décrochage scolaire - qui est un vrai problème - c’est prendre les choses par le mauvais bout et, en plus, ça risque d’aggraver la situation : on ajoute des difficultés financières aux difficultés scolaires."  

Les allocations familiales seront transférées au plus tard le 31 décembre 2019 conformément à la sixième réforme de l'État. La Wallonie prépare leur accueil en mettant sur pied l'AViQ, l'Agence pour une Vie de Qualité, et finalise le comité de gestion wallon des allocations familiales. M. Prévot réfute donc tout temps perdu.

Le système actuel, qui prévoit 700 combinaisons possibles de montants accordés, sera simplifié. La Wallonie a lancé un marché avec une société d'étude indépendante afin de proposer un modèle alternatif. Les résultats sont attendus pour l'été et seront débattus au parlement wallon.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés