En 2019 et 2020, la Wallonie laissera filer le déficit de 750 millions

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Le gouvernement wallon PS-MR-Ecolo tiendra son premier conclave budgétaire du 4 au 7 novembre. Comme prévu, le retour à l’équilibre est repoussé à 2024.

Depuis la présentation de sa déclaration de politique régionale, le gouvernement arc-en-ciel d’Elio Di Rupo reste très discret. Certes, le boulet Nethys a forcé le ministre en charge des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), à monter au front en exigeant de l’intercommunale liégeoise toute la clarté sur les opérations de cessions. Mais hormis cet épisode, on doit bien constater que l’allumage est plutôt lent.

Il y a forcément les tracasseries administratives liées à la passation de pouvoir d’un cabinet ministériel à l’autre. Les cabinets ministériels doivent également se former. Tout cela prend du temps. Au taquet sur le dossier Nethys, Pierre-Yves Dermagne, le ministre des Pouvoirs locaux, squatte par exemple un étage au sein du cabinet de sa collègue Christie Morreale, le temps que le mobilier commandé pour son nouveau ministère lui soit livré. D’autres ministres consultent leur administration et s’imprègnent de leurs nouvelles compétences.

Ainsi va la vie en Wallonie… Il y a pourtant une échéance que le gouvernement PS-MR-Ecolo ne pourra pas échapper, c’est l’ajustement du budget 2019. Déjà reporté fin avril pour cause de campagne électorale, le budget 2019 n’attend plus. L’Europe non plus.

Conclave en novembre

Le rendez-vous budgétaire est d’ores et déjà fixé du 4 au 7 novembre pour les ministres wallons.

"Il n’y aura pas de nouvelles politiques financées dans cet ajustement 2019."
Jean-Luc Crucke
Ministre du Budget (MR)

Pour l’ajustement 2019, il ne faut pas s’attendre à de grandes surprises. Le ministre du Budget Jean-Luc Crucke (MR) le confirme. "C’est un ajustement technique. On va adapter les recettes sur base des chiffres. Et par rapport aux dépenses, on va intégrer les nouvelles qui sont indispensables pour la continuité. Mais il n’y aura pas de nouvelles politiques financées dans cet ajustement 2019." Bref, il s’agit d’un passage obligé avant de glisser le trou de 250 millions dans la case déficit. On est donc loin du retour à l’équilibre promis par l’ancienne majorité MR-cdH. "Si j’avais eu le temps pour le faire avant les élections, cet équilibre aurait été possible", justifie Jean-Luc Crucke.

Mais pour le ministre du Budget, ce report de l’équilibre budgétaire wallon à 2024 est le fruit d’un compromis politique. "On aurait évidemment pu faire cet équilibre avec des mesures budgétaires douloureuses mais on a décidé de ne pas le faire. Dans une situation économique où il faut être attentif, ce serait contre-productif de taper dans des besoins sociaux. Comme l’Allemagne, la France ou la Hollande, nous sommes face à des défis importants, notamment sur le plan énergétique. Il faut donc investir."

Déficit de 500 millions en 2020

Cette parenthèse technique 2019 refermée, les ministres s’attaqueront dans la foulée à la préparation du budget 2020. Cet exercice sera le premier test grandeur nature pour le gouvernement Di Rupo avec le financement de nouvelles politiques. À la question de savoir d’où viendra l’argent, on n’en sait cependant pas beaucoup plus. Durant leurs négociations cet été, PS-MR et Ecolo se sont accordés sur un déficit de 500 millions en 2020. Des économies sont aussi programmées. Reste une question: les paramètres économiques vont-ils obliger le gouvernement à revoir sa copie?

Une chose semble déjà acquise. Le contexte politique avec l’installation des cabinets et la recherche de conseillers budgétaires chez certains ministres obligera le gouvernement à opérer un travail d’ajustement rapide et méticuleux. "Si on prévoit un ajustement assez rapide, c’est pour revoir chaque dépense et celles des UAP. Il ne faut pas oublier que 2/3 du budget wallon se trouve dans les UAP."

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