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En Wallonie, des territoires zéro chômeur pour lutter contre la pauvreté

D'après les données statistiques de StatBel, en 2020, "le pourcentage de personnes en situation de privation matérielle et sociale est estimé à 15,8%" en Wallonie. ©Photo News

Le gouvernement wallon mobilise 482 millions pour lutter contre une pauvreté de plus en plus marquée au sein de la région.

La question de la pauvreté reste entière en Wallonie. Il suffit de plonger dans les chiffres de l’Iweps pour s’en rendre compte. En 2019, le taux de risque de pauvreté s’élevait à 18,2% dans la région. Pour les familles monoparentales, le taux grimpe à 39,4%. Un enfant sur quatre vivrait même sous le seuil de pauvreté et d'après les données statistiques de StatBel, en 2020, "le pourcentage de personnes en situation de privation matérielle et sociale est estimé à 15,8%".

La crise sanitaire couplée aux récentes inondations et à la hausse des produits énergétiques risquent par ailleurs de fragiliser la situation d’un nouveau public ou de groupes à risques comme les artistes, les familles monoparentales, les travailleurs sous contrats précaires… La Fédération wallonne des CPAS estime par exemple que le nombre de demandeurs du revenu d’intégration sociale devrait augmenter entre 15 et 30 % d’ici la fin de l’année 2022.

482 millions mobilisés

18,2%
En 2019, le taux de risque de pauvreté s’élevait à 18,2% en Wallonie.

Face à ce constat qui n’est malheureusement pas neuf, le gouvernement wallon PS-MR-Ecolo vient de remettre à jour le plan de lutte contre la pauvreté afin de coordonner au mieux une série de mesures autour de la formation, de l’accès au logement et au bien-être. Il a également mobilisé 482 millions d’euros, dont 287,2 millions à travers le plan de relance de la Wallonie, pour mener une série d’actions jusqu’en 2024.

Faciliter l'accès à une formation

Parmi les différents axes, l'accès à une formation et à un emploi "constituent de véritables leviers pour réduire la pauvreté", pointe le rapport coordonné par le ministre-président wallon. Or, un des freins tient à des lacunes dans les connaissances de base comme le français, les mathématiques ou le numérique. Le plan prévoit donc de renforcer l’action des centres d’insertion socioprofessionnelle qui assurent la formation de stagiaires éloignés de l’emploi. "Ils recourent à une pédagogie spécifique pour permettre aux stagiaires d’acquérir des compétences générales et techniques, tout en bénéficiant d’un accompagnement psychosocial."

La réforme de l’accompagnement du demandeur d’emploi devrait par ailleurs contribuer à proposer un accompagnement sur mesure.

Une vingtaine de quartiers

Une autre mesure phare va être la mise en place de territoires zéro chômeurs de longue durée. Inspirée de l’expérience française, l’idée part d’un triple constat: "personne n’est inemployable; ce n’est pas le travail qui manque, c’est l’emploi; ce n’est pas l’argent qui manque, puisque chaque année le chômage longue durée entraîne de nombreuses dépenses", explique le document.

"En ciblant des petits territoires à faibles indices socio-économiques, les actions seront ciblées et permettront de toucher les personnes les plus éloignées de l’emploi."
Gouvernement wallon

La Région visera une vingtaine de quartiers où le taux de la demande d’emploi est particulièrement élevé, et y développera une activité qui s’inscrit en ligne avec les compétences des demandeurs d’emploi. "En ciblant des petits territoires à faibles indices socio-économiques, les actions seront ciblées et permettront de toucher les personnes les plus éloignées de l’emploi qui échappent généralement aux autres démarches de (re)mise à l’emploi. Leur offrir la possibilité de retrouver un travail décent, basé sur leurs compétences qui plus est, leur permettra également de combler certains besoins fondamentaux inaccessibles jusqu’alors", espère le gouvernement.

Le chemin vers un travail passera aussi par des aides financières à l’obtention du permis de conduire. Citant une étude de l’AMEF, "l’effet de détenir le permis de conduire augmente, en moyenne, la probabilité d’insertion d’un peu plus de 10 %". Il est aussi question de réduire la fracture numérique. "Le baromètre 2019 de l’AdN montre que 20% de la population wallonne est en situation de fracture numérique tandis que 14% ne dispose que d’une faible maturité numérique."

Le résumé

  • En 2019, le taux de risque de pauvreté s’élevait à 18,2% en Wallonie. Pour les familles monoparentales, le taux grimpe à 39,4 %.
  • La Fédération wallonne des CPAS estime de son côté que le nombre de demandeurs du revenu d’intégration sociale devrait augmenter entre 15 et 30% d’ici la fin de l’année 2022.
  • Le gouvernement mobilise 482 millions à travers un plan de lutte contre la pauvreté qui coordonnera différentes mesures.
  • Parmi celles-ci, la Wallonie va lancer une vingtaine de territoires zéro chômeur.

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