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Et si l'économie wallonne avait atteint son plafond?

©BELGA

La croissance wallonne a tourné au ralenti ces six premiers mois de l’année, plombée par la baisse des exportations et une stagnation de la croissance mondiale. Les patrons wallons redoutent que le problème soit plus grave et que la croissance en Wallonie soit arrivée à un plafond. L’UWE réclame au gouvernement wallon des mesures structurelles plus fortes pour lutter contre les pénuries d’emplois.

C’est un coup de frein sur l’optimisme dont se seraient bien passées les entreprises wallonnes. Dans sa dernière enquête conjoncturelle menée auprès de 300 chefs d’entreprises wallons, l’Union wallonne des entreprises (UWE) relève un tassement des activités au cours des 6 derniers mois. Le cas est particulièrement flagrant pour les exportations wallonnes qui s’écrasent. "Le climat des affaires des pays frontaliers, qui représentent 50% de nos exportations, s’est dégradé", pointe l’étude qui prédit néanmoins une reprise au deuxième semestre 2018. Il en va de même pour l’activité des entreprises qui ralenti sur les 6 derniers mois.

"Nous avons atteint les limites de la croissance en Wallonie. On semble arriver à une sorte de plein régime."
Didier Paquot
Économiste en chef de l’UWE

À première vue, ce gros coup de mou n’a rien de vraiment dramatique. Avec un taux de croissance limité à 1,4% en 2018 et 1,3% l’année prochaine pour le sud du pays, la Wallonie fait à peine moins bien que le 1,5% de croissance prévu pour l’ensemble de la Belgique. Didier Paquot, l’économiste en chef de l’UWE, ne semble ainsi pas trop s’en inquiéter. "Les résultats du premier semestre ont douché toutes les espérances d’un maintien des taux de croissance de 2017 et il y a une baisse de l’optimisme chez les patrons, mais on ne tombe pas dans le pessimisme. Il y a toujours de la croissance et ce ralentissement suit la tendance européenne et mondiale."

Bref, pas de quoi s’inquiéter…

Un manque de souffle inquiétant

Pas trop vite, cela dit! Derrière ces indicateurs macroéconomiques en recul, et qui ne sont finalement que le reflet de la situation mondiale, se cache en réalité un problème bien plus préoccupant qu’un simple ralentissement des exportations wallonnes. Le scénario de la panne structurelle en Wallonie est clairement évoqué. "L’économie wallonne semble aujourd’hui proche de son potentiel, s’inquiète le milieu patronal. Nous avons atteint les limites de la croissance en Wallonie. On semble arriver à une sorte de plein régime. On ne sent pas qu’il y a la possibilité d’aller plus haut et de passer à une étape supérieure pour la croissance wallonne, même si les entreprises continuent à faire du profit", analyse Didier Paquot.

30 ans pour combler le trou

Parmi les raisons qui expliquent que la Wallonie n’arrive pas à dépasser ce plafond, l’UWE pointe le marché du travail et l’inadéquation entre l’offre et la demande au niveau des embauches.

Les patrons vont jusqu’à exiger des mesures structurelles plus fortes pour casser ce plafond. "Le gouvernement wallon va dans le bon sens pour lutter contre les pénuries d’emploi, mais il faut amplifier les mesures. Le gouvernement wallon mise sur une embauche de 3.000 emplois par an dans les métiers en pénurie. Mais à ce rythme, il faudra 30 ans pour combler les quelque 30.000 emplois vacants que compte la Wallonie", ironise de son côté Olivier de Wasseige, l’administrateur délégué de l’UWE.

Didier Paquot se demande pour sa part si la Wallonie n’a pas atteint un taux de chômage structurel. "Ce taux de chômage à 9% est historiquement bas et on peut se demander s’il est maintenant structurel. Descendre à 7 ou 8% sera difficile."

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