Feu vert wallon pour la mise en réseaux des hôpitaux

©BELGA

Le Parlement wallon a approuvé en commission une proposition de décret permettant la fusion entre hôpitaux publics et privés. À l’avenir, les 35 établissements basés dans le sud du pays devraient former une galaxie hospitalière de 7 réseaux.

Le brouillard se dissipe autour des futurs réseaux hospitaliers en Wallonie. Et la deadline du 1er janvier 2020 imposée par le Fédéral aux différents hôpitaux pour collaborer en réseaux pourra être respectée.

Pour bien comprendre l’enjeu qui se cache derrière cette course contre la montre en vue d’activer le mouvement de consolidation dans le secteur hospitalier wallon, il faut se tourner vers le Fédéral. À la base du projet, la logique fédérale privilégie les rapprochements entre hôpitaux publics et privés situés dans un même bassin de vie de 400.000 à 500.000 habitants. Au final ne devraient subsister qu’environ 25 réseaux hospitaliers, dont maximum 13 pour la Flandre, 4 pour Bruxelles et 8 pour la Wallonie.

16,4 millions €
Selon le Conseil fédéral des établissements hospitaliers, il faudrait un refinancement de 16,4 millions du Fédéral pour réussir les mises en réseaux.

Mais voilà, pour s’unir entre acteurs privés et publics, les hôpitaux wallons avaient besoin d’une sécurité juridique et donc d’un texte légal permettant les épousailles. Pour faire simple, il manquait un décret du Parlement wallon.

Après la tentative avortée du gouvernement MR-cdH de faire passer un texte sous la précédente législature, la nouvelle majorité PS-MR-Ecolo vient de s’accorder sur une proposition de décret votée en commission des Pouvoirs locaux du Parlement wallon mardi. "Il y avait urgence", reconnaît le ministre des Pouvoirs locaux Pierre-Yves Dermagne (PS). Et il insiste avec prudence sur les mots: "Ce texte est un texte d’habilitation". Vu le contexte social très tendu dans le secteur hospitalier ces derniers mois, le ministre a pris ainsi le temps de préciser au Parlement que ce décret "n’a aucune incidence sur les activités, sur le statut ou la rémunération du personnel."

Une première étape

Et après? Ce vote, qui doit encore être confirmé en séance plénière du Parlement, ouvre la voie à la constitution des réseaux. "Ce texte était essentiel. On va pouvoir créer des réseaux. Il faut réformer tout le système des soins de santé, qui est trop coûteux en Belgique. La solution est multiple et passe notamment par les réseaux", estime Paul d’Otreppe, le président de l’Association belge des directeurs d’hôpitaux.

Cette validation législative n’est évidemment qu’une étape dans le processus de rapprochement qui dessinera la nouvelle carte du service hospitalier dans le sud du pays. Selon la fédération hospitalière Unessa, les 35 hôpitaux wallons vont finalement s’intégrer dans une galaxie de 7 réseaux régionaux disséminés suivant une logique de bassins. "Aujourd’hui, il n’est plus possible d’avoir des petits hôpitaux. Il faut une taille critique pour offrir un bon service pour les patients. En moyenne, chaque réseau comptera 2.000 lits", détaille Paul d’Otreppe.

Un travail de fond va également s’opérer. "Il faudra entre 15 et 25 ans pour déconstruire le modèle actuel et créer une intégration complète autour de projets communs entre les nouveaux acteurs des réseaux", estime Paul d’Otreppe. Il prend en exemple plusieurs hôpitaux d’un même réseau qui disposeront chacun d’une unité de stérilisation. "Cette intégration passera éventuellement par la coconstruction d’un nouvel outil commun."

D’autres coûts vont par ailleurs vite apparaître, comme le financement du transport, médicalisé ou non, de patients entre hôpitaux intra- ou inter-réseaux. À ce jour, le Fédéral a prévu une enveloppe de 7 millions pour financer les mises en réseaux. "Toutefois, le Conseil fédéral des établissements hospitaliers a calculé qu’un financement structurel de 16,4 millions serait nécessaire", souligne l’Unessa.

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