Giet: "il est normal de réfléchir"

Thierry Giet, président du PS

Le président du PS, Thierry Giet a reprécisé la position du parti socialiste suite aux déclarations lancées par le ministre wallon Jean-Claude Marcourt sur l'avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ex-Communauté française). Jean-Claude Marcourt - dont la tendance régionaliste est bien connue de tous - a évoqué un "plan B" visant à déconstruire la Fédération pour la reconstruire autrement.

Le président du PS, Thierry Giet, a justifié lundi l'existence de réflexions au sein de son parti sur le redressement économique de la Wallonie et de Bruxelles après les échanges musclés entre différents membres du parti ce week-end.

Samedi dans les colonnes de La Libre Belgique, Jean-Claude Marcourt, le ministre wallon de l'Economie, a répété son credo régionaliste, fondant la Belgique sur trois grandes Régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles), et jugé que la Fédération Wallonie-Bruxelles devait être déconstruite, et puis reconstruite, parce qu'elle "ne correspond plus à rien".

Son ministre-président, Rudy Demotte (PS également) a réagi vigoureusement  en rappelant le caractère fondamental du lien entre la Wallonie et Bruxelles, qui doit être maintenu et consolidé.  Ce lundi, ces débats ont continué de faire de bruit dans le cénacle politique, le député libéral Richard Miller dénonçant ce qu'il identifie comme un repli wallon, tandis que l'Ecolo Jean-Marc Nollet - appuyé par son président de parti Jean-Michel Javaux - plaidait pour un renforcement des deux entités.

Le développement wallon "n'est pas antinomique de la volonté de développer la Fédération Wallonie-Bruxelles, les relations, la solidarité, la compréhension des spécificités" wallonnes et bruxelloises, a expliqué l'écologiste, précisant que "l'avenir de la Wallonie se situe aussi dans la lutte contre les baronnies et le sous-régionalisme, estime-t-il, refusant de parler de "repli wallon" dès lors que l'on envisage le développement régional".

Le président du PS remet les pendules à l'heure

Pour Thierry Giet, il n'est pas question de remettre en cause l'existence d'un lien fort entre les deux Régions. "Le PS est un grand parti, qui cultive le débat démocratique. L'avenir de la Wallonie et l'avenir de Bruxelles sont au cœur de nos préoccupations. Il est normal que le PS réfléchisse au redressement économique de Bruxelles et de la Wallonie, au meilleur moyen de créer de l'emploi et de soutenir l'activité économique dans nos Régions. Cela dans l'intérêt avant tout des Wallons et des Bruxellois", a-t-il déclaré lundi lors de son arrivée au bureau du PS.

Aux yeux de M. Giet, cette réflexion est "nécessaire et même indispensable! " "C'est notre devoir, en tant que responsables politiques. Cela n'empêche en rien l'existence d'un lien fort entre Wallons et Bruxellois. Et cela ne revient en rien à un repli sur soi", a-t-il ajouté.

Marcourt rectifie

De son côté, le ministre Jean-Claude Marcourt a tenu à mettre les choses au point: ses déclarations sur la Fédération Wallonie-Bruxelles ne visaient nullement à nier l'importance d'un lien entre les deux entitées, mais à se poser la question de l'adéquation de certains outils au regard des défis qui les attendent.

Il en va ainsi en matière d'enseignement, compétence de la Fédération marquée par un taux de redoublement important qui pénalise le redressement des deux Régions: "J'ai entendu des responsables bruxellois demander que l'on tienne compte de leurs spécificités, et c'est légitime. Il faut se demander comment répondre aux enjeux des deux grands bassins de vie que sont la Wallonie et Bruxelles. C'est pour ça que j'ai parlé de déconstruction et de reconstruction", a-t-il expliqué à l'Agence Belga.

M. Marcourt n'a pas démenti qu'il participait avec d'autres personnalités à une réflexion sur le redéploiement wallon.

"La 6e réforme de l'État va engendrer pour la Wallonie la nécessité d'accélérer son redressement socio-économique. Avec les forces socio-économiques de Wallonie, avec le monde académique, nous devons travailler sur les moyens et les outils nécessaires, et sur l'adéquation de ces moyens avec les objectifs de la sixième réforme de l'État. Cela ne remet nullement en cause la solidarité entre Bruxelles et la Wallonie, mais, à partir du moment où des objectifs sont assignés à la Wallonie, c'est à la Wallonie d'y répondre, et quand des objectifs sont assignés à Bruxelles, c'est à Bruxelles d'y répondre", a-t-il souligné.

Think Thank?

Le ministre socialiste n'entend toutefois pas donner un tour plus formel à ces réflexions et se refuse à parler de "think tank" ou à livrer les noms des autres personnalités qui y participent.

"Je ne suis que l'un des intervenants. Je ne suis pas certain qu'il faille nécessairement rendre ces éléments publics aujourd'hui et les structurer. Mais je sens qu'il y a véritablement une prise de conscience de la nécessité d'accélérer les choses. Nous avons fait le Contrat d'avenir, le plan Marshall, la Commission Zénobe. Il y a une étape supplémentaire à franchir", a-t-il dit.

D'après M. Marcourt, dans tous les partis, il y a cette prise de conscience et, d'une manière ou d'une autre, des réflexions qui se mènent.

"De manière diffuse, pratiquement tout le monde réfléchit à la manière de booster la Wallonie".

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