Gilles Mahieu sur le couvre-feu dans le Brabant wallon: "Je me suis inspiré de ce qu’a fait Anvers cet été"

Depuis mardi soir, le gouverneur du Brabant wallon a imposé un couvre-feu nocturne sur son territoire et notamment à Louvain-la-Neuve. ©doc

Gouverneur du Brabant wallon, Gilles Mahieu assimile son rôle dans la gestion de la crise du coronavirus à celui du préfet en France.

A l’avant-plan dans la crise du Covid depuis quelques jours - et au dépend peut-être d’autres niveaux de pouvoir - les gouverneurs jouent les courroies de transmission entre le Fédéral qui chapeaute la crise et les communes. Un rôle que Gilles Mahieu, gouverneur de la province du Brabant wallon, assimile à celui du préfet en France.

Explosion des clusters familiaux

"L’explosion des clusters ces derniers jours concerne surtout des noyaux familiaux et quelques entreprises."
Gilles Mahieu
Gouverneur du Brabant wallon

Lundi, Gilles Mahieu a imposé un couvre-feu nocturne entre 01h et 06h du matin sur l’ensemble de son territoire. La mesure est exceptionnelle. Elle vise notamment la ville universitaire de Louvain-la-Neuve où certains jeunes continuent à faire la fête dans les kots. "Mais l’explosion des clusters ces derniers jours concerne surtout des noyaux familiaux et quelques entreprises", précise le gouverneur.  

Tout s’est décidé en cellule de sécurité. "En tant que gouverneur, je suis en charge de la planification d’urgence sur le territoire de la province. Autour de moi, j’ai des experts au niveau de la police, des services d’incendie, en matière de défense ou de logistique. Nous avons eu beaucoup d’échanges avec les gouverneurs des autres provinces et notamment avec ma collègue d’Anvers. Je me suis inspiré de ce qu’a fait Anvers cet été."

Après maintes consultations et face à l’explosion des cas d’infection et la multiplication des clusters, la décision est prise lundi. "Nous avons regardé avec le gouvernement de la Région wallonne quelle mesure était la plus adaptée et la moins impactante économiquement, notamment pour l’horeca. Il est important de dire que cette mesure a été prise en concertation avec les 27 bourgmestres de la province. Le but est clairement que les gens se voient moins. D’après le premier rapport de la nuit dernière, c’est bien respecté."

Garant de la sécurité sur son territoire

"On pourrait fermer des établissements, isoler un périmètre. Mais je n’ai cependant plus beaucoup d’hypothèses de travail qui n’impacteraient pas les provinces voisines ou le national."
Gilles Mahieu
Gouverneur du Brabant wallon

Garant de la sécurité sur son territoire, le gouverneur du Brabant wallon a encore quelques cartouches dans son sac. Mais son champ d’actions se rétrécit. "On peut prendre une série de mesures exceptionnelles comme un couvre-feu. On pourrait faire fermer des établissements, isoler un périmètre. Mais je n’ai cependant plus beaucoup d’hypothèses de travail qui n’impacteraient pas les provinces voisines ou le national. Or, les décisions d’un gouverneur ne peuvent pas impacter les autres provinces ou le national. Je ne pourrais pas non plus faire fermer l’ensemble des établissements horeca sans une concertation avec la Région wallonne pour dégager des compensations financières."

Cette casquette sécuritaire est évidemment une des principales tâches d’un gouverneur. "Quand il n’y a pas de crise, il y a toute une préparation des plans de secours ou en matière de terrorisme ou de sécurité autour des usines Seveso qui doit se faire. En fait, tout ce qui est dangereux est entre les mains du gouverneur."

Mais ce n’est pas que ça. A côté de ce rôle sécuritaire, un gouverneur a la tutelle sur les CPAS, les cultes, les cimetières ou encore les officines pharmaceutiques.

Enfin, un gouverneur porte le titre de commissaire du gouvernement fédéral et du gouvernement de la Région wallonne. Cette double casquette lui impose un devoir de neutralité politique. "Le gouverneur représente les intérêts du gouvernement fédéral ou celui de la Région wallonne dans la Province. Il veille au respect de l’exécution des lois. Mais j’ai aussi une fonction de diplomate à l’étranger." Bref, on est loin du cliché où on voit un gouverneur accueillir la famille royale. "En résumé, aujourd’hui, la planification des urgences prend 50% du temps. Elle est même à 100%  en période Covid."

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