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Impact mitigé pour les 4 zones franches wallonnes

©Photo News

À l'heure où il est question de les élargir suite aux inondations, les 4 zones franches wallonnes n'ont pas vraiment permis de faire redécoller l'emploi.

Face aux drames sociaux qui ont secoué la Wallonie à travers les fermetures d’industries structurantes comme Caterpillar ou ArcelorMittal, la Région wallonne a depuis toujours tenté de trouver la parade en implantant, via le niveau fédéral, des zones franches autour des territoires fragilisés par ces importantes restructurations.

En octobre 2017 par exemple, quatre zones franches ont été implantées en Wallonie et reconnues pour une durée de 6 ans. Le choix s’est porté sur Seraing, Charleroi, Sambreville et Frameries. Il ne s’agit évidemment pas d’une coïncidence tant ces villes sont associées aux fermetures douloureuses d’ArcelorMittal, Caterpillar, Saint-Gobain Sekurit et Doosan.

226
emplois
Depuis la création des zones franches autour des sites de Caterpillar, Saint-Gobain Sekurit, Doosan et ArcelorMittal en octobre 2017 à la fin 2020, 31 entreprises ont sollicité l’incitant fiscal et annoncé la création de 226 d'emplois.

Chaque zone franche s’étend sur un rayon de quarante kilomètres autour de l’entreprise victime de restructuration. À l'intérieur de ces périmètres, et afin de faciliter une reprise économique et le recrutement de nouveau personnel, l’autorité fédérale octroie une dispense de versement de 25% du précompte professionnel pour ces nouveaux travailleurs, et ce, durant deux ans.

Bilan en demi-teinte

Voilà pour la théorie. La question est maintenant de savoir si ces zones franches ont eu un réel impact sur les investissements et l’engagement de nouveaux travailleurs…

"Fin 2020, 31 entreprises (29 PME et 2 grandes entreprises), situées en zone franche et ayant réalisé un investissement générant de nouveaux emplois, ont sollicité l’incitant fiscal."
Cabinet du ministre de l'Économie

Le bilan est à première vue mitigé, voir médiocre, car depuis 2017, 226 emplois en lien avec l’incitant fiscal ont été annoncés dans le périmètre de ces 4 zones. "Fin 2020, 31 entreprises (29 PME et 2 grandes entreprises), situées en zone franche et ayant réalisé un investissement générant de nouveaux emplois, ont sollicité l’incitant fiscal. Au total, le nombre de nouveaux emplois annoncés était de 226", rapporte le cabinet du ministre de l’Économie, le libéral Willy Borsus.

Il ne faut évidemment pas écarter un effet covid et le report de nombreux investissements par les entreprises, mais l'efficacité du mécanisme pose d'autant plus question qu'en 2014 déjà, l'Iweps l'avait jugé inutile. "Le renforcement des primes à l’investissement localisées dans les zones franches n’a en moyenne pas exercé d’effet propre statistiquement significatif sur le volume des projets d’investissement aidés", soulignait l’Iweps après un examen d'un précédent mécanisme initié par le plan Marshall entre 2006 et 2011.

Prolongation de 18 mois pour Legoland?

Vu le contexte de sortie de crise, et le faible bilan, la Région s’est accordée avec le niveau fédéral pour prolonger de 18 mois la période d’application des zones d’aide délimitées. "La période de reconnaissance de chacune des 4 zones d’aide devait prendre fin le 30 octobre 2023, il est donc proposé de la prolonger jusqu’au 30 avril 2025", explique le cabinet Borsus.

La Région ne pouvait évidemment pas se permettre d’annoncer à la maison mère de Legoland que la mesure d’aide fiscale à la création d’emplois allait s’éteindre en octobre 2023.

Malgré le faible taux d'emplois créés, cette prolongation est malgré tout un atout pour la Wallonie et la reconversion d’un site comme celui de Caterpillar qui se cherche toujours un avenir. En pleine discussion avec le groupe britannique Merlin Entertainments pour l’implantation d’un éventuel parc d’attractions Legoland et la création de 800 emplois directs, la Région ne pouvait évidemment pas se permettre d’annoncer que la mesure d’aide fiscale à la création d’emplois allait s’éteindre en octobre 2023.

Nouvelles zones à définir

Il reste maintenant à trancher la question de la nouvelle zone franche qui sera implantée autour des entreprises sinistrées par les inondations de la mi-juillet. Lors de récentes discussions avec le Fédéral dans le cadre de la reconstruction des territoires dévastés, le Premier ministre Alexander De Croo s'était engagé auprès de la Wallonie à étendre les zones franches. Sous quelle forme? S’agira-t-il d’endroits disparates où étaient implantées de nombreuses entreprises aujourd’hui dévastées? Au cabinet du ministre Borsus, on préfère ne pas s’exprimer tant que les négociations avec le Fédéral ne sont pas plus avancées. Il y a évidemment urgence pour les centaines d'entreprises sinistrées.  

Le résumé

  • En octobre 2017, quatre zones franches ont été implantées en Wallonie, autour des sites de Caterpillar, ArcelorMittal, Saint-Gobain Sekurit et Doosan.
  • En 4 ans, la mesure d'aide fiscale a créé 226 emplois.
  • La période de reconnaissance de chacune des 4 zones d’aide devait prendre fin le 30 octobre 2023. Elle est prolongée jusqu’au 30 avril 2025.
  • Malgré un bilan mitigé, la Région négocie avec le Fédéral l'implantation de nouvelles zones franches autour des sites sinistrés par les inondations.

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