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Inondations: le PS met la pression sur ses partenaires de la Vivaldi

Thomas Dermine et Pierre-Yves Dermagne évaluent les dégâts liés aux infrastructures physiques à 1,25 milliard en Wallonie et à 6,7 millions dans le Limbourg. ©Valentin Bianchi / Hans Lucas

Les socialistes Dermine et Dermagne proposent de créer un fonds de 600 millions d'euros du Fédéral pour la reconstruction des zones sinistrées.

La pression monte… Suite à la lettre transmise par le ministre-président wallon Elio Di Rupo (PS) à son homologue fédéral Alexander De Croo (Open Vld) dans laquelle il appelait le gouvernement fédéral à faire preuve de plus de solidarité financière envers la Wallonie à la suite des inondations de la mi-juillet, deux ministres fédéraux lui emboîtent désormais le pas.

600 millions pour la Wallonie

Dans une note déposée ce lundi en vue du prochain conseil des ministres, révèle Le Soir, les socialistes Thomas Dermine (secrétaire d’État à l’Investissement) et Pierre-Yves Dermagne (vice-Premier en charge de l’Emploi) plaident à leur tour pour un "soutien exceptionnel à la reconstruction des infrastructures sinistrées par les inondations de juillet 2021".

Les deux socialistes évaluent les dégâts liés aux infrastructures physiques à 1,25 milliard en Wallonie et à 6,7 millions dans le Limbourg. "Il est proposé d’intervenir dans la reconstruction des infrastructures et plus particulièrement sur les catégories indiquées ci-dessous", explique le document en pointant les ponts, les berges, les infrastructures télécoms…

"Il est proposé d’intervenir à hauteur de 50% des montants, tenant compte d’une marge de risque complémentaire, soit plus ou moins 600 millions d’euros."
Note déposée par les socialistes Pierre-Yves Dermagne et Thomas Dermine

Techniquement, l’idée serait de mettre en place un fonds accessible pour la Flandre et la Wallonie et dont la philosophie s’inspire du mécanisme adopté par l’Allemagne. "Le besoin de financement en infrastructures s’établit à un montant estimé à plus ou moins 1,20 milliard d’euros. Calqué sur le mécanisme allemand, il est proposé d’intervenir à hauteur de 50% des montants, tenant compte d’une marge de risque complémentaire, soit plus ou moins 600 millions d’euros."

Ce mécanisme de coopération exceptionnel "devrait s’appuyer sur un accord de coopération entre l’État fédéral et l’entité ou les entités concernées, en s’inspirant du modèle de l’Accord de coopération du 15 septembre 1993 entre l'État fédéral et la Région de Bruxelles-Capitale, relatif à certaines initiatives destinées à promouvoir le rôle international et la fonction de capitale de Bruxelles."

600
millions d'euros
Le secrétaire d'État Thomas Dermine (PS) et le vice-Premier Pierre-Yves Dermagnes (PS) proposent de créer un fonds fédéral de 600 millions pour financer la reconstruction des infrastructures publiques stratégiques en Wallonie et dans le Limbourg.

La note socialiste plaide également pour "que le pouvoir fédéral puisse agir comme garant de second rang pour les emprunts contractés sur les marchés par l’entité régionale" pour le financement des investissements à charge de l’entité régional.

Le MR plaide pour une aide directe aux sinistrés

L’idée va maintenant devoir être défendue auprès des autres partis. Au PS, on assure avoir déjà recueilli le soutien du Vooruit. "Le vice-Premier Frank Vandenbroucke soutiendra la note", assure-t-on. Du côté libéral, on s’étonne de cette sortie alors que cette piste n’a jusqu'ici jamais été évoquée entre Elio Di Rupo et Alexander De Croo. "Comment une idée pareille a-t-elle pu germer le temps d’un week-end? Est-ce lié au stress par rapport aux sondages défavorables pour le PS?", ironise-t-on au MR. Sur le fond, le parti libéral défend l’idée d’une solidarité fédérale. "Mais on estime que l’aide doit aller directement aux sinistrés en diminuant par exemple la TVA à 6% pour la reconstruction ou en prolongeant le droit passerelle."

"Comment une idée pareille a pu germer le temps d’un week-end? Est-ce lié au stress par rapport aux sondages défavorables pour le PS?"
Un libéral

Du côté d’Ecolo, l’initiative socialiste est jugée constructive par le vice-Premier Georges Gilkinet. "J’ai demandé à plusieurs reprises que le gouvernement fédéral se penche sur les aides à apporter à la Wallonie, suite aux inondations, comme nous le ferions pour toute autre Région qui serait victime d’une telle catastrophe. Et comme je l’ai fait dans le cadre de mes compétences par rapport aux dégâts causés aux voies de chemin de fer par les inondations. La note déposée par Thomas Dermine est une première base pour aborder le sujet. Elle est en cela bienvenue. Je ne veux pas préjuger du résultat final de notre discussion, mais je plaiderai concrètement pour des actes significatifs. Ils sont nécessaires pour permettre la reconstruction."

"La note déposée par Thomas Dermine est une première base pour aborder le sujet. Elle est en cela bienvenue."
Georges Gilkinet (Ecolo)
Vice-Premier ministre

Juridiquement infaisable?

La suite? Au cabinet du Premier ministre, on temporise. "Nous sommes en train d’analyser techniquement si et comment un tel fonds peut être mis en place, notamment au regard de la loi de financement." Or, pour certains, la piste proposée par le PS est jugée juridiquement infaisable à moins de faire revoter à la majorité des 2/3 la loi spéciale de financement.

Entre-temps, les tractations au sommet de l'État se poursuivent. Ce week-end, Alexander De Croo a eu des contacts avec Elio Di Rupo et a reçu de la Wallonie une liste précise des demandes qui seront discutées en gouvernement cette semaine. Outre ce qu’on savait déjà comme la prolongation du droit passerelle ou la TVA à 6% dans la construction, la Région wallonne plaide pour un élargissement des zones franches aux zones sinistrées. Elle demande également une défiscalisation des primes et revenus des formations dans le cadre des métiers en pénurie. Les experts wallons ont par ailleurs fait remarquer que le fonds des calamités n’avait pas reçu assez de réserves financières au moment de sa régionalisation. Mais "est-ce que cela doit justifier une intervention exceptionnelle du fédéral ?", s’interroge un interlocuteur.

Le résumé

  • Les socialistes Thomas Dermine (secrétaire d’État à l’investissement) et Pierre-Yves Dermagne (vice-premier en charge de l’Emploi) plaident pour un "soutien exceptionnel" du Fédéral.
  • Calqué sur le mécanisme allemand, il est proposé d’intervenir à hauteur de 50% des montants, tenant compte d’une marge de risque complémentaire, soit plus ou moins 600 millions d’euros.
  • De son côté, le gouvernement wallon demande au fédéral un élargissement des zones franches.

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