Jean-Michel Javaux reconduit à la présidence de Meusinvest

©BELGA

Après une valse-hésitation entre le cdH et le MR jeudi, le président sortant de Meusinvest a été repêché comme administrateur par Nethys et les libéraux. Quant à sa présidence, elle est garantie par le cdH.

D’ordinaire paisible et ordonnée, la préparation de l’assemblée générale (AG) de Meusinvest a tourné à l’imbroglio cette année. Pas entre administrateurs. D’autant que la réunion n’avait pas encore eu lieu jeudi. Elle était programmée ce vendredi matin.

Non, c’est en amont que les choses se sont corsées. Et jeudi matin, lors de la séance du gouvernement wallon, dans l’entourage des ministres, certains se demandaient même si la tenue de l’AG allait pouvoir se dérouler normalement ce vendredi matin.

Cette année, le ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) est venu rajouter une nouvelle donne sur l’échiquier en exigeant de Meusinvest une réduction du nombre de ses administrateurs de 22 à 15.
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Il faut dire que le contexte est particulièrement tendu cette fois-ci. Les raisons sont simples. Cette année, les actionnaires publics et privés de l’invest liégeois sont appelés à renouveler l’ensemble du conseil d’administration. Une opération apparemment classique.

Mais cette année, le ministre de l’Economie Pierre-Yves Jeholet (MR) est venu rajouter une nouvelle donne sur l’échiquier en exigeant de Meusinvest une réduction du nombre de ses administrateurs de 22 à 15 (une première esquisse ministérielle misait sur 11 postes). Cette demande ministérielle a forcément eu pour premier effet de perturber le calendrier. C’est en novembre que les actionnaires auraient dû renouveler les administrateurs dont le mandat est venu à échéance un mois avant. Toutefois, afin de permettre des discussions paisibles autour de cette réduction de macarons, l’AG a été reportée au 23 février.

Le scandale autour de l’intercommunale Publifin et sa filiale Nethys est venu indirectement polluer les discussions sur les nominations.
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À côté de cette modification des statuts, il faut intégrer d’autres éléments périphériques comme le scandale autour de l’intercommunale Publifin et sa filiale Nethys. Sans être lié à Meusinvest, ce dossier est venu indirectement polluer les discussions sur les nominations car de nombreux acteurs n’entendaient pas voir Stéphane Moreau, l’administrateur délégué de Nethys, rempiler comme administrateur. Le groupement d’actionnaires NEB (Nethys, Ethias et Belfius) a ainsi accepté de ne pas proposer Stéphane Moreau en échange d’un poste d’administrateur supplémentaire pour, au final, disposer de trois représentants.

Enfin, le nouvel attelage politique qui dirige la Wallonie a sensiblement changé les lignes. La montée du MR au sein du gouvernement a placé les libéraux sur un petit nuage qui les pousse aujourd’hui à revendiquer plus de pouvoir dans les instances décisionnelles de Meusinvest. Quant au cdH, il entendait bien conserver la présidence!

Javaux repêché par le MR et Nethys

C’est sur étiquette NEB (Nethys) et avec l’appui du MR et du cdH que Javaux rempile chez Meusinvest.

Voilà pour le décor. Depuis, si les tractations vont bon train entre émissaires politiques, elles ont joué les prolongations jeudi soir. Actionnaire de référence, la Région wallonne a droit à 5 administrateurs publics. Un accord prévoyait de replacer l’ancien co-président d’Ecolo Jean-Michel Javaux à la présidence de Meusinvest sur le quota cdH comme en 2013. Et encore hier soir, au cdH, on affirmait vouloir tenir cet engagement par souci "d’ouverture et de continuité", assure une source humaniste.

La réaction d'Ecolo

Ecolo, le parti de Jean-Michel Javaux  souligne qu'il "continuera évidemment à exercer son mandat de manière indépendante". Ecolo salue la décision du conseil d'administration de Meusinvest, rendue possible par un accord du gouvernement wallon. "Jean-Michel Javaux voit de la sorte son travail (...) reconnu par une majorité politique à laquelle il n'appartient pourtant pas", souligne le parti écologiste dans un communiqué.

 

La configuration a cependant donné quelques difficultés pour repêcher le soldat Javaux car le cdH a déjà promis son poste d’administrateur public à Philippe Lamalle. Les quatre autres postes de la Région sont eux attribués à Valérie Saretto et Laurent Burton pour le MR, et Jean-François Ramquet et Mariel Papy pour le PS. Exit donc pour l’heure Jean-Michel Javaux.

Ne pouvant être désigné sur le quota des trois administrateurs "indépendants", il ne reste plus que la solution NEB. L’ancien coprésident d’Ecolo a ainsi été "repêché" sur la liste des administrateurs indépendants de NEB. Il profitera du poste d’habitude occupé par les libéraux chez NEB.

 

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