Jeholet veut sortir de la logique de subventionnement des emplois

©BELPRESSNEWS

Le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet va détailler dans les prochains jours sa stratégie pour arriver au plein-emploi en Wallonie en 2025. Il veut notamment quitter la logique (passive) de subventionnement des emplois. Le paysage des aides à l’emploi va ainsi être réformé car il est jugé opaque, complexe, inefficace et inefficient.

Quelques semaines après avoir bouclé son budget 2019, l’heure du grand oral arrive pour le gouvernement wallon MR-cdH. Ainsi, d’ici quelques jours, chaque ministre sera appelé à venir défendre devant les députés du Parlement wallon les grandes orientations politiques qu’il entend mener l’année prochaine et les moyens financiers qui y seront alloués.

Parmi les moments attendus dans l’hémicycle, le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR) devrait donner des détails sur sa stratégie visant à diriger le sud du pays sur le chemin du plein-emploi d’ici 2025 dans une Région où le taux de chômage oscille autour des 13% avec un pic de 30% chez les jeunes.

Supprimer les effets pervers

À la lecture de la feuille de route du ministre, rien qu’on ne sache pas vraiment. Mais à côté de la réforme des aides à la promotion de l’emploi (APE) qui devrait revoir dès 2021 les règles d’attribution des aides (près d’un milliard d’euros en 2019) sur bases de nouveaux "critères objectifs" et propres à chaque ministre, Pierre-Yves Jeholet entend "quitter la logique (passive) de subventionnement des emplois au profit d’une logique active de soutien à l’insertion".

"Des mesures poussent les demandeurs d’emploi à s’enliser dans le chômage car la clé pour l’emploi devient la durée de chômage."
Pierre-Yves Jeholet
Ministre de l’Emploi

Derrière ce changement de paradigme, le ministre veut revoir et "simplifier" le paysage des aides à l’emploi récemment réformé par l’ancienne ministre de l’Emploi socialiste Eliane Tillieux. "Le paysage des aides à l’emploi actuel est opaque, complexe, inefficace et inefficient. De plus, plusieurs des mesures existantes ont un effet pervers: elles poussent les demandeurs d’emploi à s’enliser dans le chômage car la clé pour l’emploi devient la durée de chômage", explique le ministre dans sa note.

Concrètement, cette volonté politique passera par une révision de certaines mesures et la suppression des dispositifs inefficaces et inefficients dans le paysage des aides à l’emploi.

La première victime de cette large remise à plat est le dispositif "Impulsion insertion". Lancée par l’ancien gouvernement PS-cdH et destiné à offrir un contrat de travail de douze mois pour les jeunes demandeurs d’emploi inoccupés depuis 18 mois, cette mesure est jugée "sans réelle plus-value" et inefficace. En date du 12 octobre 2018, soit un an et 3 mois après son lancement, 96 contrats avaient été conclus, ce qui représente moins d’1% de l’objectif initial qui était de 9.881 contrats par an. "D’autres dispositifs seront analysés, et sur cette base, seront adaptés voire supprimés", précise encore le ministre.

Mais à côté de ce nettoyage annoncé dans le paysage des aides, le ministre mise aussi sur d’autres leviers pour pousser la Wallonie au plein-emploi comme celui de l’indispensable formation, en particulier dans les métiers en pénurie avec l’arrivée d’un incitant financier de 350 euros octroyé au demandeur d’emploi en cas de réussite d’une formation menant à un métier critique.

Reste une inconnue politique. Le scrutin de mai 2019 pourrait rebattre les cartes sur l’échiquier politique wallon et couper net l’élan donné par l’un ou l’autre plan d’action comme celui de Pierre-Yves Jeholet.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content