Juncker aux Wallons: "Vous verrez que différentes dépenses scandaleuses auront disparu"

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Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est exprimé ce mardi devant le Parlement wallon concernant le budget européen 2021-2027. Et surtout sur la réduction du financement de la politique agricole commune (PAC).

Le Parlement wallon a reçu ce mardi Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. Il a tenté d'expliquer aux parlementaires régionaux inquiets le budget européen 2021-2027, présenté le 2 mai dernier, qui propose 1.279 milliards d'euros de budget, soit 1,114% du PIB des vingt-sept. 

Ce qui inquiète les parlementaires wallons? La réduction du financement de la politique agricole commune (PAC) et de la politique de cohésion, de 5% dans les deux cas. Et la Wallonie bénéficie, depuis 2014, du statut intermédiaire de "Région en transition" (où le PIB/habitant est compris entre 75% et 90% de la moyenne communautaire), un statut qui lui a rapporté quelque 1,3 milliard d'euros sur la période 2014-2020 et qu'elle pourrait perdre si elle ne fait plus partie des régions éligibles. 

"Quand vous verrez nos textes d'application, pour la PAC notamment, vous comprendrez qu'il s'agit d'un reprofilage et non d'un massacre. Vous verrez aussi que certaines dépenses superflues et scandaleuses auront disparu", a expliqué Jean-Claude Juncker. "Un reprofilage, ça signifie qu'on regarde de près toutes les dépenses et qu'on supprime celles qui n'ont pas lieu d'être", a-t-il ajouté en prenant l'exemple - injustifiable, selon lui - de pistes cyclables bavaroises financées par des citoyens portugais.

Juncker a aussi assuré que la réduction du financement de la politique agricole commune ne toucherait pas les petites exploitations.

Ce qui n'a pas pour autant rassuré les parlementaires. "Les menaces qui pèsent sur la PAC provoquent une très vive inquiétude, y compris dans les petites exploitations où on ne sait pas faire mieux avec moins", a souligné Dimitri Fourny, chef de groupe cdH au Parlement wallon. "Mon groupe - et mon parti - sont europhiles mais pas eurolâtres", a affirmé Pierre-Yves Dermagne au nom du PS. L'Europe à laquelle les socialistes aspirent "ne pourra se réaliser que via un budget à la hauteur de ses ambitions. Or, le budget présenté il y a quelques jours est, pour nous, une occasion manquée", avec des coupes de plusieurs milliards dans la politique de cohésion européenne alors qu'il faut "au contraire continuer à la soutenir en lui réservant un budget qui lui permette de participer au redéploiement économique des régions les plus défavorisées et de faciliter la transition industrielle et économique des régions qui poursuivent leur reconversion", a-t-il ajouté.

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