L'aérien tire à boulets rouges sur la taxe Crucke

©EPA

L’idée de taxer les compagnies aériennes pour des raisons écologiques, comme l'aimerait le ministre wallon du Climat Jean-Luc Crucke, est loin de faire l'unanimité parmi les compagnies aériennes.

L’idée de taxer une nouvelle fois les compagnies aériennes, cette fois pour des raisons écologiques, ne pouvait pas tomber au plus mauvais moment, alors que se réunissaient, ce mercredi à Bruxelles, les principales compagnies membres d’Airlines For Europe (A4E) pour leur sommet annuel. Autant dire que les initiatives de Jean-Luc Crucke (MR), ministre wallon du Climat et des Aéroports, d’imposer une taxe sur le kérosène aérien en Europe, a eu un accueil mitigé. Surtout que les transporteurs européens sont déjà soumis à l’ETS fort coûteux.

Des taxes inutiles

"Les taxes sur le fuel diminuent la capacité d’investissement dans les biofuels."

Willie Walsh, président du groupe IAG (British Airways, Iberia) a rappelé que "les taxes ne diminuent pas les émissions de carbone" et Pieters Elbers (CEO de KLM) a soutenu qu’elles "ne servent à rien, au contraire! Elles ont des impacts sur l’emploi et soustraient aux compagnies leurs capacités d’investissements dans les biofuels". Quant à Martin Gauss, CEO d’AirBaltic, à qui nous demandions pourquoi les compagnies ne réagissaient pas plus vite à des mesures qui n’apportent rien, il a répondu: "On ne peut pas réagir aussi rapidement que les inepties qui sont proférées."

Le sentiment général est qu’à l’approche d’un scrutin européen (et national chez nous), il est difficile de contrer les Scud écologiques qui vont être lancés pour rester dans la tendance du moment. "Imaginez-vous un seul instant que les taxes vertes iront dans des budgets consacrés à l’environnement?, s’interroge Gauss. Dans les compagnies au moins, investir pour consommer moins est non seulement écologique, mais aussi une exigence économique: le cash généré sert à des investissements pour des matériels plus propres." Ainsi, les nouveaux Airbus A220 d’AirBaltic consomment 24% de fuel en moins (au siège) que les Boeing 737. Lesquels auront quitté la flotte à la fin de l’année.

Thomas Reynaert, directeur d’A4E, l’a rappelé: "L’empreinte carbone de l’aérien européen a progressé de 2% tous les ans depuis 2014, ce qui représente 20 millions de tonnes de CO2 en moins et, pendant ce temps, le ciel européen persiste à être divisé, sans parler des grèves du contrôle aérien. L’industrie a besoin de plus de soutien pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles." Pas de taxes, donc et nettoyez d’abord devant votre porte, Messieurs les politiques. 

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