L'affaire Nethys se mue en ouragan judiciaire

Stéphane Moreau, ex-CEO de Nethys, a été interpellé vendredi matin afin d'être auditionné. ©Photo News

Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer vont passer cette nuit de vendredi à samedi en cellule. Avant une probable présentation devant le juge d'instruction, ce samedi. Pendant ce temps, François Fornieri passait sa première nuit en détention.

Avis de tempête à Liège. Alors que François Fornieri, le CEO de Mithra, a passé sa première nuit en prison, les interpellations se sont poursuivies vendredi matin. Selon nos informations, les policiers sont allés "cueillir" Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, respectivement ex-CEO, ex-CFO et ex-membre du comité de direction de Nethys, afin de les auditionner. À l'heure d'écrire ces lignes, les auditions des principaux intéressés étaient toujours en cours et le juge d'instruction liégeois Frédéric Frenay n'avait pris aucune décision concernant les trois précités. Retour sur une fin de semaine bousculée à Liège.

Tout a démarré à l'aube, mercredi, lorsque les policiers de l'Office central de répression de la corruption (OCRC) se sont rendus au domicile de l'homme d'affaires François Fornieri, le CEO de Mithra, pour le priver de liberté et l'entendre. Les enquêteurs cherchent à éclaircir le rôle des uns et des autres au sein du comité de rémunération de Nethys. C'est cet organe, présidé par François Fornieri, qui, le 22 mai 2018, a validé l'octroi d'indemnités de rétention de près de 15 millions d'euros à Stéphane Moreau (ex-CEO de Nethys), Pol Heyse (ex-CFO) et Bénédicte Bayer (ex-membre du comité de direction). Autour de la table de ce comité, on trouvait également Pierre Meyers et Jacques Tison.

Deux mandats d'arrêt

Ce n'est que jeudi soir, au terme de deux journées d'audition, que le juge d'instruction Frenay décidait d'inculper François Fornieri du chef de détournement par personne exerçant une fonction publique et abus de biens sociaux. Dans la foulée, le juge plaçait l'homme d'affaires sous mandat d'arrêt. François Fornieri, qui comparaîtra en chambre du conseil mardi prochain, a donc passé une première nuit en prison. Dans la foulée de cette annonce, ses avocats ont assuré que François Fornieri avait toujours agi en toute légalité, soulignant au passage que toutes les décisions prises par le comité de rémunération de Nethys avaient été validées par tous les organes de Nethys. Enfin, les avocats de François Fornieri ont assuré qu'ils demanderaient la levée du mandat de leur client lors de sa comparution en chambre du conseil mardi prochain.

En fin de soirée jeudi, Mithra annonçait la désignation d'un CEO ad interim afin de remplacer François Fornieri. En attendant d'y voir plus clair, Mithra sera piloté par Christophe Maréchal, le CFO de Mithra, en collaboration étroite avec le conseil d'administration de la société.

En tout début de matinée vendredi, le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer, faisait savoir que Pierre Meyers et Jacques Tison avaient également été inculpés des mêmes préventions que celles de François Fornieri. Par contre, si le juge a aussi délivré un mandat d'arrêt à l'encontre de Pierre Meyers, il a libéré Jacques Tison sous conditions.

Stéphane Moreau interpellé

La suite du récit de ces folles journées respecte une certaine logique. Après s'être intéressé aux membres du comité de rémunération, les enquêteurs et le juge d'instruction ont tourné leurs regards vers les bénéficiaires de ces indemnités dites de rétention. Le soleil n'était pas encore levé qu'on apprenait l'interpellation de Stéphane Moreau, de Pol Heyse et de Bénédicte Bayer. Tous les trois ont été emmenés par les policiers pour audition et leur privation de liberté a été prolongée de 24 heures supplémentaires, comme la loi le permet depuis peu.

11,2
millions d'euros
Le montant des saisies effectuées par la justice pénale sur les comptes des anciens dirigeants de Nethys.

"Il s'agit d'une interpellation pour une audition classique. Je rappelle que les décisions relatives aux rémunérations ont été prises par Nethys. C'était le comité de nomination et de rémunération qui a pris toutes les décisions actuellement débattues et ce en tant qu'organe compétent engageant Nethys. Ces décisions ont été confirmées par le conseil d'administration de Nethys", a expliqué Jean-Pierre Buyle, l'avocat de Pol Heyse, avant de préciser que son client ne siégeait dans aucun de ces deux organes, seuls compétents en la matière.

À la fin du mois de décembre 2019, souhaitant récupérer ce qui pouvait l'être, la nouvelle direction de Nethys avait fait saisir les comptes de Stéphane Moreau, de Pol Heyse et de Bénédicte Bayer. Dans la foulée, Pol Heyse avait intenté une action en justice pour tenter d'obtenir la levée des saisies, mais il avait été débouté par le tribunal de première instance de Nivelles. In fine, la justice pénale avait également ordonné la saisie des comptes des trois anciens dirigeants de Nethys, bloquant au passage 11,2 millions d'euros.

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