L'Arabie saoudite, premier client des armes wallonnes

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En 2017, la Région wallonne a accordé 1.313 licences d’exportation et de transfert d’armements vers 69 pays pour plus de 600 millions. Parmi ses gros clients, l’Arabie saoudite décroche la première place avec 153 millions de contrats l’année dernière. Sur les 30 licences refusées par le ministre-président, certaines concernent la monarchie sunnite.

Avec les multiples zones de conflit dans le monde et les politiques sécuritaires renforcées dans de nombreux pays face à la menace terroriste, le commerce des armes n’a jamais été aussi lucratif. La Wallonie, berceau d’entreprises d’armement de renommée internationale comme la FN ou CMI, profite donc à plein régime de cet engouement pour ce business souvent décrié quand les licences d’exportation touchent des zones sensibles du globe comme l’Arabie saoudite, Israël ou les Emirats arabes unis.

Un business de 620 millions

En 2017, les montants liés aux licences octroyées par la Wallonie (montants équivalant aux exportations wallonnes potentielles) se chiffraient ainsi à 620 millions d’euros, soit une augmentation de près de 37% par rapport à 2016 et ses 453 millions, relève le rapport sur les licences accordées en 2017 par la Région wallonne et approuvé par le Parlement wallon ce mercredi.

620 millions
d'euros
C'est le montant lié aux licences d'exportation et de transferts d'armements octroyées par la Wallonie (montants équivalant aux exportations wallonnes potentielles) en 2017.

La Wallonie a ainsi accordé 1.313 licences d’exportation et de transfert d’armement vers 69 pays. Si le nombre de licences diminue de 9% par rapport à l’année 2016, le rapport rédigé par les services du ministre-président Willy Borsus (MR) pointe une hausse de 48% du nombre de licences accordées sur 10 ans.

Le ministre-président (et son prédécesseur socialiste Paul Magnette pour les 6 premiers mois de l’année) a malgré tout refusé 30 licences d’exportation l’année dernière. Dix licences d’exportation ont par exemple été refusées vers l’Arabie saoudite, les Philippines et les Emirats arabes unis, et 4 licences spéciales de transfert de technologie n’ont pas été approuvées pour Israël et la Turquie.

Parmi les gros clients de la Wallonie, l’Union européenne reste le premier marché pour les entreprises wallonnes avec des montants évalués à 174 millions l’année dernière. Juste derrière l’Europe, les pays des Proche et Moyen-Orient ont enregistré des commandes pour un montant total de 168 millions, soit 27,06% des transactions totales enregistrées par la Wallonie l’année dernière. L’Amérique du Nord complète le trio de tête avec des commandes enregistrées pour un peu plus de 110 millions d’euros.

153 millions vers la monarchie sunnite

À elle seule, l’Arabie saoudite totalise près du quart des ventes pour 153 millions de commandes à travers 8 licences qui portent essentiellement sur des armes à feu portatives et des munitions. Cela fait du royaume saoudien le premier client de la Wallonie, loin devant les Etats-Unis (106 millions et 334 licences) et la France (66 millions et 237 licences). Il y a trois ans, la Wallonie avait vendu pour près de 400 millions d’euros (un record) d’armes vers la monarchie sunnite.

Souvent appelée par les organisations des droits de l’homme à boycotter la vente d’armes vers l’Arabie saoudite, la Région wallonne rappelle qu’elle suit scrupuleusement les critères européens en matière d’exportation d’armes. Le ministre-président Willy Borsus souligne ainsi que parmi les 30 licences refusées, certaines concernent des produits d’aviation à destination de l’Arabie saoudite. "En effet, vu la situation dans la région et les bombardements au Yémen, il me semble judicieux de ne pas octroyer de licences pour ce type de produits", estime le ministre-président, qui rappelle que la Belgique s’est positionnée en faveur d’une révision des modalités de la position commune de l’Union européenne.

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