L'épargne des futurs seniors wallons mise sous pression

©Photo News

Malgré la relative embellie sur le front de l’emploi ces dernières années, le revenu disponible des ménages wallons reste sous pression et son épargne à un taux plancher.

Alors que le ministre-président wallon Willy Borsus (MR) doit prononcer à la fin mai son premier discours au parlement sur l’état de la Wallonie, l’Iweps, la Sogepa et le SPW ont présenté ce mardi leur troisième rapport sur l’économie wallonne.

Ce riche état des lieux de la Wallonie, articulé autour d’une série d’indicateurs macro-économiques, débute par un constat encourageant: "le cycle de reprise s’est amorcé en Wallonie depuis 2014, après la récession de 2012-2013".

Parmi les facteurs pointés par le rapport pour illustrer la solidité de la reprise, les experts épinglent "l’embellie conjoncturelle" et "la dynamique exportatrice". Ils évoquent également la baisse des coûts salariaux, qui ont reculé de 10% dans l’industrie wallonne entre 2011 et 2016. Ce facteur a ainsi permis à la Wallonie de "récupérer la perte de compétitivité-coût contractée précédemment vis-à-vis des autres pays européens" et d’afficher une hausse du PIB de 1,9% l’année dernière.

La locomotive pharma

Parmi les branches d’activité qui tirent leur épingle du jeu en Wallonie, le rapport pointe le secteur de la pharma, véritable locomotive pour l’économie du sud du pays, qui pèse 3,1% de la valeur ajoutée wallonne et 1,1% de l’emploi.

À elles trois, l’industrie chimique, l’industrie pharmaceutique et les produits en caoutchouc et plastiques représentaient 5,1% de la valeur ajoutée en Wallonie et 2,1% de l’emploi wallon en 2015. "Il s’agit d’une productivité 2,3 fois plus élevée que celle de l’économie totale. Leurs investissements représentent 8% de la formation brute de capital fixe totale", explique Charles Plaigin, du Service public de Wallonie (DGO6). Les trois institutions soulignent malgré tout que "les entreprises chimiques wallonnes sont plus petites et moins performantes (en termes de valeur ajoutée et d’emploi, NDLR) que les flamandes."

De façon plus générale, le rapport estime que l’emploi wallon tire son épingle du jeu. "Entre 2015 et 2017, la croissance de l’emploi a dépassé 1% par an", pour comptabiliser 1,2 million de personnes, et se rapproche "des rythmes de création nette observés durant les années 2000, qui étaient alors pourtant amplifiés par la mise en place du système de titres-services".

Outre le gel des salaires et le saut d’index, qui ont eu une incidence sur le coût du travail en 2015, l’analyse pointe le tax shift, qui a créé un "incitant à l’augmentation des effectifs".

L’épargne à un taux plancher

Les futurs vieux auront eu de l’emploi mais n’auront pas eu la capacité d’épargner, ce qui met en danger leurs conditions de vie.
Sébastien Brunet
Administrateur général de l’Iweps

Derrière ces facteurs d’embellie, le revenu disponible réel des ménages wallons reste sous pression et n’augmente réellement qu’en 2016 (+1%) et en 2017 (+1,3%). L’épargne des Wallons est elle à un taux plancher.

"Les futurs vieux auront eu de l’emploi mais n’auront pas eu la capacité d’épargner, ce qui met en danger leurs conditions de vie", déclare Sébastien Brunet, l’administrateur général de l’Iweps. ©doc

"En Wallonie, ce taux atteint un niveau plancher de l’ordre de 8% (en 2016, NDLR) contre 13% au niveau national" et 14,6% en Flandre. "Cette situation s’explique notamment par une évolution plus lente des revenus des Wallons par rapport aux Flamands sur le long terme. Il faut aussi intégrer le fait que les revenus mobiliers des Wallons sont moins importants", analyse Frédéric Caruso, de l’Iweps, qui y voit "une preuve de paupérisation relative".

Sébastien Brunet, l’administrateur général de l’Iweps, évoque lui un signal pour les années à venir, où "les futurs vieux auront eu de l’emploi mais n’auront pas eu la capacité d’épargner, ce qui met en danger leurs conditions de vie."

©Mediafin

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content