L'UCL lance un projet pilote d'échanges "virtuels" d'étudiants

©foto: Roel Burgler

Étudier dans une université belge tout en suivant certains cours virtuels en France ou aux Pays-Bas, ce sera possible dès septembre. L’UCL lance un projet qui promet de métamorphoser les catalogues de cours.

Comme souvent, "l’idée est venue en discutant autour d’un café", explique Françoise Docq, à l’Université catholique de Louvain. Une discussion entre une poignée de responsables de cours virtuels: pourquoi ne pas permettre aux étudiants d’enrichir leur programme par télé-études? Suivre le cours d’une sommité à Paris, prendre une option à Madrid pour parfaire sa maîtrise de l’espagnol, participer à un travail de groupe à Leiden pour enrichir les bases de son futur réseau professionnel… Le tout dans le cadre d’un cursus classique.

Dès lors que les moyens techniques le permettent, l’idée semblait tomber sous le sens. Le "Projet EVE" (pour European virtual exchange based on online courses) est donc sur le point d’éclore. En septembre, quelques étudiants de l’école polytechnique de l’UCL vont voir leur choix d’options enrichi: ils pourront apprendre à distance à "construire avec la nature" chez les experts néerlandais de l’université de Delft, ou à percer les subtilités de la programmation sur iPhone à l’université Pierre et Marie Curie de Paris.

Examens par Skype

Le projet pilote s’appuie sur les "cours en ligne ouverts et massifs" (connus sous leur acronyme anglais Moocs), que les universités développent depuis quelques années déjà. Ces cours sont accessibles gratuitement au plus grand nombre – aucun critère d’admission n’est requis. Et s’ils le souhaitent, les étudiants qui les suivent peuvent acheter une certification du consortium international EDX (initié par Harvard et le MIT), prouvant qu’ils les ont bien suivis. Mais ces cours n’étaient jusqu’à présent pas intégrés aux cursus universitaires classiques.

Les étudiants qui seront sélectionnés à la rentrée pour participer au Projet EVE suivront donc le cours Mooc d’une université partenaire sans quitter la Belgique. Au terme du cycle, "ils devront présenter un examen sous surveillance dans leur propre université, mais à la date fixée par le professeur de l’université partenaire, et c’est naturellement ce dernier qui les évaluera", explique Françoise Docq, qui est cheffe du projet Louvain moocXperience. L’oral par Skype est en passe d’entrer dans les mœurs universitaires…

Expérimentation

Si l’UCL va "envoyer" quelques étudiants suivre des cours par e-correspondance, elle va bien sûr aussi "accueillir" des étudiants étrangers. Une dizaine pour chacun des cinq cours en ligne qu’elle met au pot commun, indique Françoise Docq.

Selon la cheffe de projet, ce partenariat va certainement s’élargir: "C’est un projet “bottom-up”. Ce sont les circonstances qui ont fait que ces universités ont décidé de le lancer ensemble: le choix des partenaires n’était pas un choix stratégique, souligne-t-elle. On est en train d’expérimenter."

En attendant que d’autres universités viennent se greffer sur cette espèce "d’Erasmus virtuel" (qui n’a aucun lien avec le programme paneuropéen), les sept partenaires ont du pain sur la planche pour adapter leurs processus administratifs et intégrer cette nouvelle manière d’étudier et d’échanger. Rendez-vous en septembre pour la phase de rodage.

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