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L'UWE souligne les faiblesses structurelles de la Wallonie

Pour Olivier De Wasseige, l'administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises, "la Wallonie n’a plus de joker et sa dette ne fait qu’augmenter". ©BELGA

La Wallonie devrait enregistrer une croissance de 4,2% de son PIB en 2021, contre 4,8% pour la Belgique. Pour l'UWE, cet écart s'explique par les faiblesses structurelles du sud du pays.

L’Union wallonne des entreprises (UWE) a présenté, ce mercredi, sa traditionnelle enquête semestrielle menée auprès des chefs d’entreprises en Wallonie. Après un peu plus d’un an de crise, les résultats sont forcément très attendus avec en filigrane cette question: la reprise est-elle au rendez-vous dans les entreprises wallonnes?

Oui mais…

La réponse n’est pas simple, comme le démontre le baromètre conjoncturel de l’UWE. Côté pile, "les quatre grands indicateurs (activité, investissement, embauche et exportations) de notre enquête semestrielle sont tous repassés au vert, ce qui confirme la reprise", explique le lobby patronal.

"L’année 2021 devrait être marquée par une croissance soutenue de l’économie sans pour autant retrouver le niveau d’avant crise."µ*
Union wallonne des entreprises

Personne ne parle d’emballement pour autant, car "l’année 2021 devrait être marquée par une croissance soutenue de l’économie sans pour autant retrouver le niveau d’avant crise". Se référant à la dernière enquête de l'ERMG (Economic Risk Management Group), les investissements des entreprises wallonnes seraient par exemple inférieurs de 18% à la normale pour 2021 et 11% pour 2022. Cette frilosité s’explique par les incertitudes qui demeurent autour de la situation sanitaire, mais aussi par les problèmes de trésorerie qui touchent les entreprises. "De nombreuses entreprises ont épuisé leur réserve de cash."

Ce manque de liquidité crée dès lors une situation explosive. "Si les nombreux stabilisateurs économiques et le moratoire sur les faillites ont permis d’éviter un tsunami de faillites, la situation reste fragile. 13,5% des entreprises ont un risque de faillite élevé et 38% des entreprises sont toujours confrontées à des problèmes de liquidités", relève Olivier De Wasseige, l’administrateur délégué de l’UWE. Il rappelle que 90.000 personnes sont actuellement en chômage temporaire.

4,2%
croissance du PIB
La Wallonie devrait afficher 4,2% de croissance du PIB en 2021. La moyenne belge attendue est, elle, de 4,8%.

La reprise économique wallonne sera donc modérée, en 2021. Les experts de l’UWE tablent sur une croissance de 4,2% du produit intérieur brut. Ce qui est frappant, c’est le différentiel avec les 4,8% de croissance attendus dans l’ensemble de la Belgique, cette année. Pour l’UWE, cet écart s’explique par les faiblesses structurelles de la Wallonie, comme le manque de main-d’œuvre qualifiée, un paysage entrepreneurial wallon plus vulnérable car composé à de 97,1% de petites et très petites entreprises, des exportations qui reposent sur quelques grands exportateurs comme le secteur pharmaceutique.

Le besoin de réformes structurelles

Pour corriger ces faiblesses structurelles, Olivier De Wasseige attend du gouvernement wallon un plan de relance visionnaire. "Aujourd’hui, à travers le rapport du conseil stratégique, nous avons un catalogue de mesures, mais beaucoup d’interrogations demeurent. Combien de mesures le gouvernement va-t-il garder? Quelles seront ses priorités? Comment allons-nous augmenter de 10 à 15% le taux d’activité en Wallonie? Comment ce plan va-t-il améliorer la compétitivité énergétique des entreprises? Le budget consacré à l’ensemble du plan et à chaque mesure sera-t-il suffisant? Il y a encore beaucoup d’inconnues. Il manque aussi les réformes structurelles."

"Aujourd’hui, à travers le rapport du conseil stratégique, nous avons un catalogue de mesures mais beaucoup d’interrogations demeurent."
Olivier De Wasseige
Administrateur délégué de l'UWE

Parmi les pistes mises en avant par les patrons pour espérer inverser la tendance, Olivier De Wasseige pointe la réforme de la formation en alternance, la refonte du paysage de la recherche, une révision  du périmètre de l’action publique, une réforme des structures publiques… "C’est maintenant que doivent se faire ses réformes. La Wallonie n’a plus de joker et sa dette ne fait qu’augmenter", indique-t-il.

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