La boucle noire, 23 kilomètres à travers l’histoire de Charleroi

Explorateurs urbains, Micheline Dufert et Francis Pourcel sont à l'origine de cette boucle noire de 23 kilomètres à la découverte de Charleroi. ©Kristof Vadino

La quatrième étape de notre série d’été sur les perles du tourisme belge nous conduit aujourd’hui à Charleroi, au sommet des terrils.

Le rendez-vous est fixé au pied du terril Saint-Théodore, rue Saint-Théodore à Dampremy. L’itinéraire débute par une légère grimpette jusqu’au sommet. Une petite centaine de mètres d’ascension tout au plus à franchir sur un sentier balisé " Grande Randonnée ". Ici, pas besoin d’être un sportif averti même si parcourir la boucle noire et ses 23 kilomètres autour de Charleroi est une aventure qui se mérite. Tant au niveau des mollets que par l’acceptation des paysages.

Parcours initiatique

Au sommet, le contraste est saisissant. Il se traduit par un mélange de vert puisé dans les jardins et la nature qui s’est développée sur les terrils, et l’image saisissante de ces usines qui ont fait l’histoire et la richesse de Charleroi. Ce vendredi matin, la grisaille s’est invitée au rendez-vous. Elle donne à l’endroit une allure de carte postale avec la brume qui dessine les contours des 21 terrils qu’on aperçoit à l’horizon.

"La boucle noire, c’est le parcours d’une ville, c’est son histoire qui se découvre sous nos pieds."
Micheline Dufert et Francis Pourcel

L’idée de ce chemin des terrils est née de deux amoureux de la région, Micheline Dufert et Francis Pourcel. Musiciens de rock alternatif dans les années 70 et 80, le couple se définit comme des explorateurs urbains. "Notre envie, c’était de repérer la potentialité des paysages et de relier les chaînes de terrils au centre de Charleroi en créant des chemins. On s’est réapproprié ce qui avait été laissé à l’abandon. La boucle noire, c’est le parcours d’une ville, c’est son histoire qui se découvre sous nos pieds ", expliquent-ils.

Le tout en musique

D’un terril à un autre - le parcours propose d’en gravir 6 -, les promeneurs emprunteront tour à tour des anciennes lignes ferroviaires, des chemins de halage et traverseront les quartiers. Ils verront aussi ces usines fantômes avec un ancien haut-fourneau ou l’ancien site de la Providence. Le temps semble s’être arrêté. Il y a aussi ces châteaux, demeures des anciens maîtres des forges ou d’anciens verriers. Chaque zone traversée révèle son lot de transformations post-industrielles. En ligne de mire aussi, l’immense terril du Triage lavoir Central de Monceau-Fontaine que l’on contourne. " On passe par des quartiers plus défavorisés, des paysages très rudes mais on ne cache rien. C’est un parcours dont on ne sort pas indemne. "

©Kristof Vadino

Cette découverte peut s’envisager en famille avec la possibilité de parcourir la moitié de la boucle. Le centre culturel l’Eden distribue (aussi sur internet : cheminsdesterrils.be) une carte détaillée et accompagnée de nombreuses explications. En must, une playlist est proposée pendant la balade. Une introspection musicale qui permettra de découvrir dans la zone de la chaîne des terrils, SIC, le groupe de Micheline Dufert et Francis Pourcel.

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