La Cité des métiers carolo veut lutter contre les pénuries d’emploi

Charleroi a octroyé un permis d'urbanisme à sa future Cité des métiers. Dès 2024, ce centre dédié aux métiers de l'industrie et de la construction accueillera 3.000 étudiants.

Il faut remonter aux années 2010-2012 pour plonger dans les prémices du méga projet de la Cité des métiers carolo. L’idée est de réunir sous un même toit, dans le haut de Charleroi, les compétences de l’université du Travail, de l’école des Aumôniers du Travail et de Wallonie Bruxelles Enseignement à celles des centre de formation du Forem et de l’IFAPME dans le but de créer un centre d’excellence dans la formation, l’orientation et la découverte des métiers de l’industrie et de la construction. Le tout sous la bannière de Cité des métiers. "En matière d’orientation par exemple, à l’image de ce qui se dessine aussi à Namur et Liège, l’objectif qui a guidé la mise en place de ce projet était de créer une porte d’entrée où on informe et conseille sur tous les métiers et les formations qui y mènent. Pour y arriver, il fallait rassembler tous les opérateurs", explique Olivier Marchal, le directeur de la Cité des métiers. 

"L’objectif était de créer une porte d’entrée où on informe et conseille sur les métiers et les formations qui y mènent."
Olivier Marchal
Directeur de la Cité des métiers

3.000 étudiants d’ici 2024

Après près de dix années de travail autour de ce projet interréseau, la Cité des métiers carolo vient de franchir une étape symbolique en décrochant son permis d’urbanisme. Il reste maintenant aux promoteurs à désigner un consortium chargé de rénover pour 43 millions d’euros les 55.000 m² de bâtiment du futur Campus des sciences, arts et métiers. "L’objectif est d’accueillir 3.000 étudiants d’ici 2024", précise Olivier Marchal. 

Le projet est parti d’une série de constats qui, depuis 2012, restent d’actualité: le marché de l’emploi connaît des pénuries de candidats dans des métiers pourtant enseignés dans les filières qualifiantes; ces mêmes filières de l’enseignement qualifiant conduisant à des métiers en pénurie sont structurellement sous-fréquentées; un étudiant sur deux échoue en première année du supérieur; les acteurs de l’enseignement, de la formation et de l’orientation travaillent de manière cloisonnée, parfois en doublon, sans réelle intégration ni mutualisation; bien que plus grande métropole wallonne, Charleroi accueille trois fois moins de diplômés de l’enseignement universitaire que la moyenne belge; on y comptabilise 40.000 demandeurs d’emploi et la moitié d’entre eux possèdent le certificat d’enseignement secondaire inférieur;  les notions de projet de vie et d’esprit d’entreprendre font défaut auprès de la jeune génération et l’orientation vers les filières techniques s’opère trop souvent par relégation. 

Au-delà du branding et d’un bâtiment remis à neuf dédié au savoir et à la découverte, "le cœur du projet est bien de revaloriser les filières et les formations professionnelles", assure Olivier Marchal. "Or, si on veut revaloriser toutes ces formations, il faut que ces écoles soient sexy et ne soient plus vues comme des filières de relégation."

"Si on veut revaloriser ces formations, il faut que ces écoles soient sexy."
Olivier Marchal
Directeur de la Cité des métiers

Fournir les compétences adéquates

Derrière les murs, à vrai dire, on trouvera de tout: outre un guichet unique en orientation sur les métiers techniques, les lieux accueilleront un centre de formation du Forem, deux centres de technologie avancée ainsi que le centre de culture scientifique de l’ULB et son fablab. «Ensemble, ces partenaires contribueront à faire naître des vocations dans les métiers d’avenir. Mais la mission sera aussi de fournir au monde industriel des travailleurs motivés avec des compétences adéquates.»  On s’y formera par exemple à la domotique, à l’électronique, aux techniques du chaud et du froid, à la zinguerie, aux techniques du gros œuvre… 

La Cité des métiers se positionnera donc comme un levier dans la lutte contre les métiers en pénurie, conclut Olivier Marchal. «Notre objectif est d’ouvrir l’esprit des gens sur les métiers en pénurie ou du futur.»

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