La direction du TEC jugée trop molle face aux syndicats

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C'est une réunion d'urgence. La direction du TEC et les syndicats sont convoqués dare-dare par le gouvernement wallon ce vendredi après-midi. Le ton risque de monter. L'exécutif wallon reproche notamment à la direction son inaction et son manque de fermeté face aux syndicats.

C’est le ras-le-bol à tous les étages! Et la énième grève qui paralyse aujourd’hui de nombreuses lignes du TEC suite à une manifestation à Bruxelles a probablement été celle de trop. Convoqués sur le coup de 14h30 à l’Elysette par un gouvernement wallon en plein conclave budgétaire, la haute direction du TEC et les responsables syndicaux vont devoir rendre des comptes aux ministres.

Si, sans surprises, le gouvernement dira tout le mal qu’il pense des actions des travailleurs qui "prennent en otage les usagers du TEC", le ton risque aussi de monter face à la direction que certains, dans les couloirs de l’Elysette, jugent "molle" face aux syndicats.

Le gouvernement reproche notamment à la direction du TEC son inaction quant à la mise en œuvre des sanctions vis-à-vis des grévistes quand ceux-ci perturbent le fonctionnement des bus. On prend en exemple la dernière manifestation organisée contre la réforme des points APE à Namur la semaine dernière durant laquelle une série de lignes de bus ont été perturbées. "Un document signé par la direction et les syndicats garantissait une action syndicale sans perturbation. Ce fut tout le contraire. La direction doit faire respecter cet accord or elle ne bouge pas et ne prend pas ses responsabilités au niveau des sanctions", explique une source gouvernementale bien informée.

"La direction doit faire respecter cet accord or elle ne bouge pas et ne prend pas ses responsabilités au niveau des sanctions"
source gouvernementale

Derrière ce rappel à l’ordre, le gouvernement laisse planer le spectre d’une privatisation accrue de certains services. Dans son édition du jour, nos confrères du Soir citaient en exemple le cas du futur tram de Liège qui pourrait être privatisé. "On ne va pas investir dans le tram de Liège avec un syndicat socialiste qui manifeste tout le temps", justifie-t-on côté gouvernemental. L’exécutif wallon attend également des avancées significatives sur l’arrivée d’un service minimum pour certaines lignes de bus jugées "essentielles", comme celles qui desservent les hôpitaux ou les écoles. A ce jour, une liste de 50 lignes (sur les 781 en service au Tec) a été établie par le Tec mais celle-ci doit encore faire l'objet d'une négociation entre la direction et les syndicats.

La menace d’une privatisation de plus de 50% des lignes

La menace est cependant plus large. L’autre piste sur la table du gouvernement est le recours accru des prestataires privés sur certaines lignes.

"On ne va pas investir dans le tram de Liège avec un syndicat socialiste qui manifeste tout le temps."
source gouvernementale

La réflexion sur la privatisation de nouvelles lignes, en particulier celles qui vont être lançées dans le cadre du plan d'investissement, est d’ailleurs en gestation depuis plusieurs mois. En mai dernier, lors d’un marché public autour des lignes régulières du TEC opérées par des transporteurs privés, le ministre de la Mobilité Carlo Di Antonio (cdH) s’était montré disposé à accroître le poids du privé dans la gestion opérationnelle des nouvelles lignes de bus en Wallonie en ne comptabilisant plus le transport scolaire géré par le privé dans le volume total des lignes opérées par le privé. "Sortir les lignes scolaires nous ouvrira de nouvelles possibilités pour faire appel au privé. Je ne vois pas comment on pourrait créer ces nouvelles lignes sans le privé", expliquait-il.

En pratique, voici ce que cela changerait. Le groupe TEC sous-traite actuellement 27,14 millions de kilomètres de services réguliers sur un total de 91,61 millions, soit 29,62% des services réguliers. Mais si on additionne aux lignes commerciales le transport scolaire géré par des opérateurs privés, on grimpe à près de 50% de l'offre globale du TEC. Ce partage 50-50 entre la gestion privée et publique des lignes du TEC est le maximum recommandé par la Commission européenne. "Cette situation pourrait donc rapidement changer car le transport scolaire pourrait ne pas être pris en compte dans cette comptabilité", estime le cabinet Di Antonio qui, en retirant le transport scolaire géré par le privé, s'offrirait une marge de manœuvre de 20%.

Si cette piste se concrétise, cela pourrait donc amener à avoir plus de 50% de l'offre globale du TEC (en comptabilisant les transports scolaires) sous-traitée à des opérateurs privés!

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