La Fédération Wallonie-Bruxelles va lever 1,4 milliard sur les marchés

Frédéric Daerden, ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles, assure qu'il n'y aura pas d'austérité. ©BELGA

Les charges de la dette de la Fédération Wallonie-Bruxelles restent soutenables, assure le ministre du Budget Frédéric Daerden (PS). La Fédération va emprunter 1,4 milliard d'euros.

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles. La crise du Covid vient aggraver le déficit structurel pour une institution "qui n’est pas maître de ses recettes", rappelle Frédéric Daerden (PS), son ministre du Budget. Sa dotation, en provenance du Fédéral, "dépend de la croissance". "Or celle-ci passerait, en 2020, de +1,3 à -10,6% ", explique-t-il à L'Écho. 12% de croissance en moins, cela fait grosso modo 1 milliard d’euros de pertes, soit un peu moins de 10% du budget. Un coup dur pour ses postes principaux: l’enseignement et la culture.

Le déficit de l'institution passe en 2020 de 708 millions d'euros à quelque 1,8 milliard. Un gouffre. On rappellera que l'institution francophone ne dispose d'aucun levier fiscal. Par contre, sa source de financement, le Fédéral, lui permet de jouir de meilleures cotations que, par exemple, la Région wallonne sur les marchés financiers. Autre élément: ses dépenses augmentent moins vite que ses recettes, ce qui permet d'espérer un retour à l'équilibre à long terme, assure le ministre.

La dette va coûter 300 millions par an

Si la Fédération ne peut lever d’impôt, elle peut emprunter. "Heureusement", souffle Frédéric Daerden, qui annonce que son gouvernement va aller chercher 1,4 milliard d’euros sur les marchés d’ici la fin de l’année. "Tant qu’on a accès au marché pour rembourser le capital, pas  des soucis. Mais il faut maîtriser les intérêts. Pour le moment, le coût de la dette, c’est un peu moins de 2% du budget, soit environ 200 millions. Suite à la crise, on devrait passer à 3%, donc 300 millions. Cela reste soutenable."

"Je n’ai pas de crainte par rapport à l’augmentation de l’endettement pour le moment", dit-il en évoquant des taux qui restent réduits. La dette totale de la Fédération passera tout de même de 76,0% du budget avant la crise à 96,4% après celle-ci, et à 130% à l’horizon 2024. "Mais je tiens à être rassurant, nous n’avons pas de problème de liquidité."

"La loi spéciale de financement ne rencontre pas nos besoins parce qu'elle ne suffit pas pour remplir nos missions."
Frédéric Daerden
Ministre du Budget à la Fédération Wallonie-Bruxelles

Dans ce 1,4 milliard, il y 150 millions à aller chercher au Conseil de l'Europe, au moins 500 millions dans le cadre d'un nouvel emprunt et 300 millions minimum via une nouvelle ligne de crédit à la Banque européenne d'investissement (BEI). "Le représentant de la BEI en Belgique était réceptif à l’idée de monter plus haut", assure Frédéric Daerden, qui promet une diversification des sources de financement et un maintien des capacités d'investissement de la Fédération.

Quid des dépenses? Va-t-on vers des économies? "Pas d'austérité", dit Daerden. Il évoque par contre une gestion rationalisée du bâti, la vente de fréquences, une augmentation du nombre d'élèves à Bruxelles qui doit augmenter le financement et certaines économies qui seront générées par le Pacte d'excellence.

Revoir le financement

Vu cette situation dégradée, le socialiste en appelle à revoir, dans le cadre des négociations institutionnelles à venir, le mode de financement de la Fédération. Celui-ci est déterminé par la loi spéciale de financement. "Cette loi ne rencontre pas nos besoins", estime-t-il. "Et ce n'est pas parce qu'on gaspille de l'argent, mais parce que ce financement ne suffit pas pour remplir nos missions. L'attractivité de notre enseignement doit être renforcée. La recherche, l'enseignement supérieur, tout cela est nécessaire."

Le ministre plaide aussi pour un renforcement des collaborations avec les Régions bruxelloise et wallonne pour rencontrer certains enjeux mis en évidence par la crise, comme le développement des outils numériques ou la rénovation des bâtiments scolaires.

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