La FGTB parle d'un accord wallon édulcoré et flou

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Le syndicat socialiste estime que l’accord gouvernemental PS-MR-Ecolo ne reflète pas le choix des Wallons. La FGTB critique par ailleurs le côté édulcoré du texte.

Prudence… C’est ce qui pourrait résumer le mieux l’état d’esprit de Thierry Bodson à la lecture de la déclaration de politique régionale (DPR) wallonne. "Ce n’est pas un texte à rejeter. Il y a des réponses à des priorités. Il y a également des choses éloignées de nos priorités. Mais vu son côté édulcoré et flou, cet accord nous obligera à être sur nos gardes pendant 5 ans", peste le leader syndical de la FGTB.

Les Wallons n’ont pas voté pour cela

"Confier des gosses à des titres-services, c’est une injure à toutes les puéricultrices."
Thierry Bodson
Président de la FGTB wallonne

Déçu par un PTB qui a préféré rester sur les bancs de l’opposition plutôt que de prendre ses responsabilités en montant dans l’attelage wallon à place des libéraux, Thierry Bodson parle de la déclaration de politique wallonne comme d’un texte qui tout au plus donnera une impulsion à la Wallonie. "On ne peut pas dire que c’est un changement de cap dans la politique de la Wallonie. Cette déclaration de politique régionale ne répond pas à l’appel des citoyens. Les Wallons ont voté plutôt progressiste et cette DPR n’est pas le reflet du résultat des élections. On est dans l’éternel compromis." Et de laisser entendre que les négociateurs libéraux sont passés par là en amendant la note coquelicot négociée entre le PS et Ecolo en juillet. Il en veut pour preuve le volet sur la réforme des aides à la promotion de l’emploi (APE). "Quand on lit les dix lignes sur les APE, suivant la personnalité du ministre, on peut en faire ce qu’on en veut."

La FGTB se montre par ailleurs inquiète sur la question budgétaire. "Cela ne tient pas la route. Il faut être Merlin l’enchanteur pour mettre l’équilibre budgétaire en 2024, ne pas lever de nouvelles taxes, investir 4 milliards. Il y a un côté irréaliste. Il est temps de réorienter une bonne fois pour toutes les aides aux citoyens et aux entreprises. Évidemment, cela nécessite du courage politique, tous partis confondus, de fixer une limite à partir de laquelle on n’a plus besoin et plus droit aux aides. Et c’est valable aussi pour les aides aux entreprises. Il y a des millions à récupérer si l’on se décide à privilégier l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers."

Le débriefing tenu par Thierry Bodson avec la presse ce jeudi permet par ailleurs de connaître les futurs combats de la FGTB. Le président de l’intersyndicale wallonne torpille par exemple cette nouveauté qui permettra d’utiliser des titres-services pour garder des enfants. "Confier des gosses à des titres-services, c’est une véritable injure à toutes les puéricultrices et à toutes les structures qui organisent cela."

Ne pas se limiter à boire un café

Échaudé par le précédent gouvernement et la façon dont les libéraux ont géré la concertation sociale dans le sud du pays, le leader syndical lance un véritable appel au nouvel exécutif wallon. "Le GPSW doit se remettre à fonctionner à l’image du G10 au Fédéral. La réunion du GPSW avec le gouvernement (sortant, NDLR) de Willy Borsus, c’était une rencontre où l’on buvait un café mais il n’y avait pas d’échange, ni d’ordre du jour." Il ne manque pas de pointer la vision de droite du dialogue social reprise dans la DPR. "On voit que dans la mise en place des politiques, il y a une volonté de bypasser les syndicats et en tout cas, le niveau intersectoriel pour négocier exclusivement au sein des entreprises."

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