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La purge liégeoise est nécessaire

Les affaires liégeoises doivent permettre un nouveau contrat de confiance entre les acteurs du monde public et les entrepreneurs.

Le séisme qui secoue les outils publics liégeois rappelle une lointaine affaire qui éclaboussa Charleroi il y a plus de 10 ans. Entre ces deux scandales, on peut épingler un point commun: un estompement de la norme et avec lui les prémices du déclin comme l’a connu Charleroi en son temps.

Le scandale liégeois débuta par des petites rémunérations octroyées à des lampistes au sein de comités de secteur pour des réunions fictives. Viendront ensuite les révélations autour des gros poissons de Nethys comme Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer. Les trois managers ont été pris la main dans le sac après qu’on ait découvert qu’ils s’étaient octroyé plus de 18 millions d’euros d’indemnités avant leur licenciement. Il y aura aussi ces petits arrangements entre amis et la vente pour une poignée d’euros de Win et Elicio à François Fornieri, la figure mythique de Mithra. Et depuis mardi, Luc Partoune, une autre star dans le monde économique liégeois, est accusé d’avoir malmené les règles de gouvernance pour son profit personnel. Il a d’ailleurs été licencié sur-le-champ pour faute grave.

Qu’il soit lampiste profitant de quelques centaines d’euros ou CEO, toutes ces personnes agissaient sans s’interroger sur la normalité de leurs actes. Nous sommes pourtant face à des dérives et des pratiques inqualifiables.

La purge liégeoise doit permettre de restaurer un climat de confiance entre les outils publics et les entrepreneurs.

Aujourd’hui, Liège se retrouve souillée. Les opérations mains propres touchent à la réputation d’outils publics et d’entreprises qui n’ont pas démérité. Du même coup, ce sont tous ces acteurs qui sont ternis par les scandales, et avec eux leurs travailleurs et indirectement tous ceux qui entreprennent. Cette saignée est spectaculaire, mais tellement nécessaire. Elle ne doit surtout pas s’arrêter tant que tous les faits litigieux n’auront pas été identifiés. Quant aux acteurs politiques ou industriels, connus ou invisibles, qu’ils répondent de leurs actes devant la justice.

Évidemment, certains diront du cas liégeois qu’il s’agit d’un phénomène localisé. Il ne faut cependant pas en sous-estimer la portée symbolique. La purge liégeoise doit permettre de restaurer un climat de confiance entre les outils publics et les entrepreneurs. Les acteurs publics wallons ont besoin des entrepreneurs pour créer de la richesse et de la prospérité. Les entrepreneurs ont, eux, besoin d'un cadre légal et parfois d'un soutien public pour s’épanouir et créer. Ce lien entre ces deux mondes est vital, mais il ne donne pas grand-chose de bon sans un ingrédient essentiel : la confiance.

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