La Région wallonne refuse le permis d'urbanisme d'Electrabel à Tihange

La centrale Electrabel à Tihange. ©Photo News

Le permis d’urbanisme demandé par Engie Electrabel pour la construction de trois bâtiments d’entreposage à sec de déchets nucléaires à la centrale de Tihange n’a pas été octroyé par la Région wallonne.

C’était dans l’air depuis quelques semaines. Electrabel n’obtiendra pas son permis pour l’entreposage à sec et la manutention de déchets nucléaires à la centrale de Tihange. Après avoir postposé d’un mois la remise de sa décision, la Région wallonne, par l’intermédiaire de la fonctionnaire déléguée du département de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, n’a pas donné le feu vert nécessaire à la construction des trois bâtiments destinés à accueillir, pour une durée maximale de 80 ans, le combustible usagé de la centrale.

L’administration botte en touche

Dans sa décision de refuser le permis d’urbanisme du 18 octobre dernier, la fonctionnaire déléguée explique qu’en vertu de la sensibilité du dossier vis-à-vis de l’intérêt général, l’enjeu dépasse la simple question urbanistique, et, en filigrane, les compétences de son département. En effet, la fonctionnaire déléguée estime que la décision devrait plutôt relever du gouvernement wallon et des autorités fédérales.

Electrabel espérait entamer les travaux pour la construction de ces bâtiments d’entreposage à sec en 2020.

Par ailleurs, l’administration rappelle "les nombreuses réclamations et observations citoyennes formulées lors des enquêtes publiques", qui ne sont pas à négliger dans la prise de décision. Les communes d’Amay, Verlaine, Engis et Nandrin avaient en effet émis un avis défavorable quant à l’aboutissement du projet.

De son côté, Electrabel a déclaré "prendre acte" du non-octroi du permis d’urbanisme, et se préparer à la formulation d’un recours à introduire auprès du ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Willy Borsus (MR), en vue d’obtenir un renversement de la décision. Deuxième condition au démarrage des travaux, la demande d’exploitation du site d’entreposage, introduite auprès de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), est toujours à l’étude. Encore faut-il savoir si le gouvernement, en affaires courantes, pourra être habilité à statuer sur la décision de l’AFCN.

Saturation

En attendant qu’une solution définitive soit adoptée par les autorités compétentes, les centrales belges disposent de solutions "sur site" pour entreposer leurs déchets nucléaires temporairement.

En attendant qu’une solution définitive soit adoptée par les autorités compétentes, les centrales belges disposent de solutions "sur site" pour entreposer leurs déchets nucléaires temporairement. Dans un premier temps, le combustible usé, hautement radioactif, est placé dans des piscines de désactivation pour une période de trois à cinq ans. Il est ensuite transféré vers un bâtiment d’entreposage temporaire, soit en condition humide, comme c’est actuellement le cas à Tihange, soit à sec, comme il en existe à Doel. Ce sont précisément ces capacités d’entreposage temporaire qui arrivent à saturation et nécessitent la construction de bâtiments supplémentaires.

Electrabel espérait entamer les travaux pour la construction de ces nouveaux bâtiments d’entreposage à sec en 2020, afin qu’ils soient opérationnels en 2023, date prévue de l’arrivée à saturation des capacités actuelles.

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