edito

La Wallonie a rendez-vous avec son histoire

La Wallonie va devoir hâter la transformation de son économie pour aborder l'échéance 2024! Une occasion de changer les pratiques et les mentalités.

L’échéance raisonne comme un délicat compte à rebours. En 2024, la Région wallonne devra encaisser la fin des transferts financiers entre le nord et le sud du pays. Chaque année, et pendant 10 ans, ce sont 60 millions qui seront retirés de la case recettes de la Wallonie.

En pleine crise sanitaire, il s’agit d’un défi majeur pour une Région qui a encore du mal à se relever suite à son déclin post-sidérurgique.

Cette perspective budgétaire ne laisse guère de choix à la Wallonie. Elle a tout au plus trois années pour s’y préparer. Elle y arrivera en transformant son économie et en réformant une série de leviers comme la formation chez les jeunes, l'entrepreneuriat, la lutte contre le chômage et les métiers en pénurie, la durabilité de l’économie et de ses ressources… En pleine crise sanitaire, il s’agit d’un défi majeur pour une Région qui a encore du mal à se relever suite à son déclin post-sidérurgique.

L’occasion est pourtant une aubaine dont doit profiter la Wallonie pour redessiner ses fondations une fois pour toutes. A défaut de surprendre dans un énième plan de relance qui viendrait se greffer aux multiples déclinaisons du plan Marshall, l’actuel gouvernement doit profiter de ce momentum pour remettre de l’ordre dans le logiciel wallon. Il est temps de repartir sur de nouvelles bases en faisant table rase des bonnes vieilles recettes du passé. Il faut par exemple en finir avec la logique qui consistait à arroser de subsides des pans entiers de l’économie ou qui misait sur des entreprises sans lendemain. Il faut en finir avec le saupoudrage sous-régional dans de trop nombreux centres de recherche. La situation budgétaire exige de la sélectivité et des résultats basés sur une croissance durable.

La Wallonie a déjà démontré ses capacités d’Etat stratège à travers l’émergence de son pôle biotechnologique.

La Wallonie a déjà démontré ses capacités d’Etat stratège à travers l’émergence de son pôle biotechnologique. Ce succès tient au fait que l'autorité publique a su faire preuve d'agilité en ciblant un secteur tout en évitant les déperditions de moyens.

Ce boom de la biotechnologie n’aurait cependant pas été possible sans l’esprit guerrier d’entrepreneurs et leur goût du risque. Ce dynamisme entrepreneurial est pourtant trop fragile, avec des PME wallonnes trop peu nombreuses ou trop petites. D'après l'Iweps, le taux représentant le pourcentage de la population active qui crée son entreprise se situe à 5%.

Si la Wallonie veut activer sa relance, il est temps de changer les mentalités et opérer un grand saut qualitatif en passant d’un entrepreneuriat de nécessité, basé sur le besoin de travailler, à un entrepreneuriat d’opportunité qui repose sur des personnes qui voient le fait de monter une entreprise comme une opportunité de marché. L'occasion est là!

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés