La Wallonie défend ses aides européennes en péril

©BELGA

Le régime d’aides européennes dont bénéficie la Wallonie est sur la sellette. La Région plaide sa cause, au diapason avec le Comité européen des régions.

Le lobby wallon est de sortie dans la bulle européenne pour défendre l’avenir des aides européennes. Le ministre-président Willy Borsus et le président du Comité européen des régions, Karl-Heinz Lambertz, ont défendu côte à côte une politique régionale "ambitieuse", par laquelle l’Union européenne devrait continuer à financer toutes ses régions, en particulier celles, comme la Wallonie, en phase de redressement.

Le commissaire allemand Gunther Oettinger doit présenter le 2 mai sa proposition de cadre budgétaire pour l’après-Brexit: de cette définition de la taille du gâteau communautaire découlera l’épaisseur des tranches dont la Belgique pourra bénéficier à l’avenir. Des tranches qui risquent de diminuer, voire de disparaître.

2,7 milliards €
La Belgique peut compter sur 2,7 milliards d’euros de fonds structurels européens sur la période 2014-2020. Mais combien au-delà?

Sur la période de programmation financière en cours, 2014-2020, la Belgique peut compter sur 2,7 milliards de fonds structurels européens – un chiffre qui englobe une partie de l’aide aux agriculteurs et pêcheurs et que la Belgique complète pour atteindre un total de 6,1 milliards de financement de projets.

L’enveloppe du Fonds pour le développement régional (Feder) de la Wallonie représente 682 millions et celle de Bruxelles 96 millions. La communauté Wallonie-Bruxelles bénéficie aussi de 634 millions d’euros communautaires du fonds social européen. Des enveloppes de cofinancement substantielles dont Wallons et Bruxellois bénéficient grâce à leur statut de régions "en transition".

"On risque de tomber dans un trou"

C’est ce statut, au cœur du débat sur l’avenir de la politique régionale, que Willy Borsus et Karl-Heinz Lambertz ont défendu ce mercredi. Il permet depuis 2014 un financement substantiel des régions dont le PIB par habitant est compris entre 75% et 90% de la moyenne de l’Union: elles ne sont pas parmi les plus pauvres, mais pas encore parmi les plus prospères.

Cette catégorie, dans laquelle se trouvent les provinces du Hainaut, de Liège, de Namur et du Luxembourg*, "est favorable à plus d’un titre pour la Wallonie", a souligné Willy Borsus lors d’une conférence de presse rue Belliard, au siège du Comité des régions, citant son rôle dans le déploiement économique de pôles comme l’aéroport de Charleroi et les 150 entreprises qui gravitent autour. "On pourrait dire qu’on est au bout du chemin, je ne le pense pas: je pense qu’on doit pouvoir continuer à soutenir ces efforts, ce souffle qu’on rencontre dans les secteurs, dans les entreprises", a plaidé le ministre-président.

Sans le maintien des régions en transition et d’un financement substantiel, "on risque de tomber dans un trou: ce qui a commencé à se développer risque de disparaître", a averti Karl-Heinz Lambertz, qui plaide pour que l’Union continue de financer toutes les régions, y compris les plus riches. Dans le système actuel, une région riche comme la Flandre peut elle aussi compter sur une enveloppe structurelle.

En février, la Commission européenne avait présenté trois scénarios pour l’avenir de la politique de cohésion: deux d’entre eux supprimaient purement et simplement le financement des régions riches ou en transition. Et le troisième élargissait le statut de région en transition à celles dont le PIB par habitant est inférieur à 100% de la moyenne européenne – ce qui reviendrait à augmenter le nombre de régions bénéficiaires, donc de réduire l’enveloppe relative de régions comme la Wallonie.

La définition du prochain cadre financier pluriannuel est particulièrement tendue en raison du départ du Royaume-Uni, contributeur net au budget, et d’un vif débat sur l’opportunité d’augmenter le volume relatif du budget. "Au final, tout le monde sera mécontent. L’équilibre du mécontentement sera la mesure du succès de M. Oettinger", estime Karl-Heinz Lambertz.

 

* Erratum : la première version de cet article mentionnait erronément Bruxelles parmi les régions en transition.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés