La Wallonie doit ajuster son budget

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Sans prendre en compte les demandes des ministres, qui se chiffrent à une grosse centaine de millions, la Région doit trouver une trentaine de millions pour ajuster son budget 2017.

L’heure de l’ajustement budgétaire a sonné pour la Wallonie. Après celui du Fédéral qui s’est soldé, il y a quelques semaines, par un report de l’équilibre à 2019, le gouvernement wallon entame son exercice ce jeudi.

D’après les dernières estimations qui circulent entre les cabinets ministériels à Namur, il ne faudrait trouver qu’une petite trentaine de millions pour combler le trou entre les recettes et les dépenses. "Il faut entre 27 et 30 millions, c’est trois fois rien", estime un proche du dossier dans l’entourage de l’Elysette.

Le ministre du Budget Christophe Lacroix (PS) évitera donc une nouvelle douche froide. En septembre dernier, au moment d’entamer ses travaux pour la confection du budget 2017, le gouvernement avait dû essuyer une série de mauvaises nouvelles comme la hausse de l’inflation et son impact sur des dépenses (salaires et dotations), l’impact du tax shift fédéral et les coûts liés aux infrastructures hospitalières. Après une série de mesures d’économies et d’opérations "techniques", les ministres s’étaient accordés pour limiter le déficit à 300 millions d’euros, soit deux fois moins bien que les 150 millions d’euros de déficit qui avaient été convenus dans la trajectoire du retour à l’équilibre en 2018 fixée en 2014.

La Wallonie profite au contraire aujourd’hui d’une série de bonnes nouvelles rendant du même coup l’effort (ou le trou) moins pénible. Certains organismes publics ont, par exemple, présenté un budget plus favorable que celui donné au moment d’établir la trajectoire budgétaire 2017. On parle de baisses d’investissements et de diminutions des charges d’intérêt.

L’autre annonce positive vient de la joint-venture Arceo, une entreprise spécialisée dans la sidérurgie du futur et dont la propriété est partagée entre la Sogepa et ArcelorMittal. L’Institut des comptes nationaux (ICN) vient de valider l’opération qui repose sur un préfinancement des installations par la Région via la Sogepa, et une location de la ligne de production par ArcelorMittal au travers un leasing. Ce feu vert donné par l’ICN permet à la Région d’intégrer dans ses comptes les recettes liées à la valeur de l’actif, soit 60 millions.

Bref, chez Christophe Lacroix, on ne se fait pas de gros soucis sur le front des dépenses et des recettes.

Gérer les demandes des ministres

Les discussions pourraient malgré tout déraper au moment d’aborder les exigences ministérielles. La rengaine est habituelle! À l’entame de chaque conclave ou au moment d’ajuster les comptes, les différents membres de l’exécutif viennent frapper à la porte de leur collègue en charge du Budget avec une série d’exigences financières afin de lancer une nouvelle politique ou tout simplement pour boucler un dossier. L’ajustement 2017 n’échappe pas à la règle.

La liste est longue mais il est par exemple question de refinancer le non-marchand. Au total, on parle d’une grosse centaine de millions que Christophe Lacroix va devoir passer au crible afin de ménager la susceptibilité de ses collègues même si le dernier mot dans la sélection des dossiers prioritaires à financer revient au gouvernement.

D’autres paramètres pourraient encore s’inviter au conclave. Il n’est pas exclu que le gouvernement profite de son rendez-vous pour avancer sur le budget 2018 en anticipant une série de dépenses. "Pour 2018, la tâche sera plus compliquée, si on peut glisser déjà quelques dépenses sur 2017, ce serait une bonne chose", estime un initié.

Enfin, et c’est un peu la surprise depuis le temps qu’elle est annoncée, la réforme fiscale doit être abordée en marge des discussions sur le budget. "On lance le processus histoire de débroussailler le terrain mais il ne faut pas s’attendre à une décision cette semaine", prévient un membre de cabinet.

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