La Wallonie en pleine relance; la Flandre est à la traîne

Rudy Demotte et Jean-Marc Nollet. Voilà la Wallonie remise en selle... (Belga) ©BELGA

Une étude de la KBC et de la CBC confirme que la Wallonie a résorbé son retard par rapport à la Flandre. Mais elle a encore des points faibles.

Depuis les années 60, la Flandre surpasse la Wallonie. Mais aujourd’hui, le retard pris par le sud du pays est en train de se résorber. L’écart entre les deux régions diminue. Que se passe-t-il? La Flandre est en train de vivre un ralentissement économique amorcé au début des années 80. Elle fait face à une désindustrialisation croissante. Des secteurs autrefois porteurs pour la Flandre tels que celui de l’automobile paient le prix de la crise. Pensons à Ford-Genk. Et puis, l’économie flamande est plus ouverte que l’économie wallonne. Le port d’Anvers joue un rôle économique important. Mais les exportations ont aussi été touchées par la crise. La Flandre souffre. La Wallonie tient bon.

Le sud du pays maintient sa croissance au niveau des années 80 et 90. Pendant cette crise, la croissance économique wallonne a même dépassé celle de la Flandre. "La Wallonie a su freiner la spirale de la désindustrialisation", indique Edwin De Boeck, chef économiste chez KBC. Dans l’industrie manufacturière, la Wallonie a ainsi pu limiter l’érosion de l’emploi à 0,7% par an en moyenne entre 2000 et 2011. Pour la Flandre, elle est double (1,5%). De même, la valeur ajoutée produite dans cette industrie a crû de 1,5% en moyenne en Wallonie et de seulement 0,2% en Flandre.

Les auteurs de l’étude soulignent que le Plan Marshall porte ses fruits. Notamment en recherche et développement où des investissements substantiels ont été consentis, contrairement à la Flandre. Les axes prioritaires établis par le plan Marshall sont donc une stratégie gagnante. "La Flandre pourrait en tirer quelques idées", dit Bernard Keppenne, chef économiste de la CBC. Mais le Plan Marshall induit aussi des effets moins positifs.

On remarque notamment que la Wallonie ne se développe pas de manière homogène. L’axe Namur-Liège-Nivelles est le plus privilégié. Le Brabant wallon, en particulier, croît beaucoup plus rapidement que les autres provinces (voir infographie). La Flandre connaît un développement économique plus uniforme.

Les points faibles

Mais dans d’autres domaines, la Wallonie reste encore moins performante que la Flandre. Son marché n’est pas suffisamment tourné vers l’extérieur. La soif d’entreprendre y est moins développée. La productivité dans les secteurs de service y est inférieure. L’enseignement est moins performant. Le chômage des jeunes et celui de longue durée restent importants. L’étude montre aussi que le poids du secteur public est encore fort conséquent. "Ce qui peut être un frein par rapport au secteur marchand", commente Bernard Keppenne. Un autre point faible a trait à la taille des entreprises wallonnes. On retrouve beaucoup de petites entreprises, plus vulnérables. La Flandre, elle, se compose de petites et moyennes entreprises. Un maillage plus solide.

Si la Wallonie parvient à corriger ces erreurs, les auteurs de l’étude n’ont aucune crainte quant à son avenir. Le rythme de croissance pourrait être supérieur de 0,2% à 0,3% à celui de la Flandre, prédisent-ils. Mais pour y parvenir, la Wallonie devra créer 16.300 nouveaux emplois par an, contre 11.000 en moyenne entre 2000 et 2012. Des réformes du marché de l’emploi sont dès lors indispensables, affirme l’étude.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés