La Wallonie encourage les jeunes à acheter moins de smartphones

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À travers une grande opération de collecte de vieux GSM dans les écoles, les ministres wallons Carlo Di Antonio et Jean-Luc Crucke veulent sensibiliser les jeunes face aux dangers écologiques des GSM.

Alors que les étudiants foulent les pavés chaque jeudi depuis quelques mois pour réclamer au monde politique des actes concrets en faveur du climat, deux ministres wallons, celui de l’Environnement Carlo Di Antonio (cdH) et son collègue en charge du Climat Jean-Luc Crucke (MR), appellent aujourd’hui tous ces jeunes "à s’engager en faveur de la transition écologique en réalisant un geste simple: vider les tiroirs de leurs vieux GSM".

"Si les ventes de téléphones ont de quoi satisfaire les opérateurs, notre planète, elle, se désole."

L’opération, baptisée "Call to action", est simple. Elle se résume à une collecte de vieux GSM dans les écoles du 1er au 4 avril prochain. À ce jour, 37 établissements sont déjà inscrits et la date de clôture des inscriptions a été fixée au 20 mars. D’après une étude menée par Recupel en 2017, 23% des appareils mobiles traînaient dans nos tiroirs et à l’échelle de notre pays, près de 3,15 millions d’appareils sont inutilisés.

Derrière cette initiative sympathique, les deux ministres ont forcément un message à adresser aux jeunes. Ils pointent l’obsolescence des appareils électroniques, les dangers écologiques d’un smartphone et les tentations de la surconsommation. Rien que çà!

Dans la ligne de mire des ministres, on retrouve ainsi l’impact environnemental: "Si les ventes de téléphones portables par millions à l’échelle mondiale ont de quoi satisfaire les opérateurs, notre planète, elle, se désole. L’empreinte écologique d’un smartphone est considérable. La nécessité d’en changer répond autant à des exigences de mode qu’à des contraintes imposées par le fabricant. Afin de minimiser l’impact environnemental, nous pouvons agir sur 3 leviers: en revalorisant les smartphones inutilisés, en évitant d’acheter le dernier modèle, en investissant dans un smartphone reconditionné."

Derrière ce message évidemment pas très tendre à l’égard des industriels du secteur, Carlo Di Antonio encourage les jeunes à passer à l’action. "Il faut associer les actes aux discours. C’est facile de dire que la responsabilité est ailleurs. On accuse les multinationales d’être responsables de 80% de la pollution. Mais on achète des GSM et lorsque le numéro 5 sort, il faut vite remplacer le 4. Si on achète moins de GSM, on diminuera la pollution de ces multinationales qui fabriquent ces GSM", résume le ministre de l’Environnement.

Les 4 tours du monde du GSM

Jean-Luc Crucke, qui voit dans la surconsommation "un vrai fléau", appelle de son côté les jeunes à un changement de comportement individuel pour répondre aux défis climatiques.

"C’est un ensemble de comportements qui doivent évoluer comme l’utilisation du GSM chez les jeunes. On ne veut évidemment pas supprimer les GSM mais il faut se rendre bien compte que la fabrication de ces appareils entraîne toute une mobilité mondiale", insiste le ministre du Climat qui pointe les quatre tours du monde qu’aura fait un smartphone entre la fabrication et sa livraison si on additionne les étapes dans la conception (souvent aux USA et au Japon), l’extraction et la transformation des matières premières (principalement en Asie, en Australie et en Afrique centrale), la fabrication (effectuée en Asie du Sud-Est) et enfin la distribution. "Ce que nous faisons ici, c’est de la sensibilisation. Il faut sensibiliser sur ce qu’est un GSM pour être plus respectueux de son usage."

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Les petits gestes du quotidien

Une fois collectés dans les écoles par Recupel, les vieux téléphones seront triés en deux catégories. Certains, en meilleur état, seront récupérés par des Repair cafés pour être réparés et revendus après reconditionnement. Le matériel hors-service sera, lui, démonté et recyclé. Il s’agit d’un travail de fourmi derrière lequel une cinquantaine de métaux utilisés dans la fabrication d’un GSM seront triés.

"Lors de ces marches le jeudi, on se sent accusé de n’avoir pas pris des décisions. Mais chacun doit prendre sa part dans les actions à mener comme ne pas demander à papa et maman de nous déposer en face de l’école mais à 500 mètres", estime le ministre Di Antonio qui met en avant une mesure que prendra le gouvernement wallon dans les prochaines semaines. "Nous allons anticiper la directive européenne en interdisant, via un arrêté, les plastiques à usage unique. Cet arrêté interdira les cotons-tiges, les gobelets et tasses de café en plastique."

Pour conclure cette croisade, Jean-Luc Crucke donne aux jeunes une série de gestes quotidiens. "L’objectif est également de sensibiliser sur l’utilisation du téléphone. Par exemple, une meilleure utilisation de son smartphone passe par une meilleure gestion de ses données: gérer ses messageries en ligne (mail, WhatsApp ou Messenger) en envoyant des messages avec des pièces jointes moins volumineuses, supprimer les pièces jointes une fois leur utilité obsolète ou limiter le nombre de destinataires. L’envoi d’un courriel avec pièce jointe de 1 Mo génère 35 g de CO2."

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