La Wallonie intensifie la traque des véhicules les plus polluants

©belga

Un appareil permet de mesurer aujourd’hui en temps réel les émissions polluantes des véhicules. Les données aideront le gouvernement à lutter contre la pollution de l’air.

C’était il y a quatre ans. Un scandale lié aux tricheries aux normes antipollution sur les véhicules diesel du constructeur allemand Volkswagen secouait les croyances concernant les véritables impacts des voitures sur la qualité de l’air. Avec une conclusion: certains véhicules polluent bien plus que ce qu’indiquent les catalogues de vente. On nous mentirait donc… Benjamin Bergmans, le patron de l’Institut scientifique wallon pour un environnement sain et sûr (ISSeP), reconnaît le double langage des constructeurs automobiles. "Les constructeurs ont amélioré les véhicules en 15 ans mais on est parfois à 7 ou 8 fois au-dessus de ce qui est attendu."

Exit les moutons noirs

"Dès 2021, tous les états membres devront imposer des essais pendant les 5 premières années de vie du véhicule pour vérifier qu’il respecte toujours les normes d’émissions imposées."
Benjamin Bergmans
Patron de l’ISSep

Devant cette perte de confiance, plusieurs pays européens (ou régions d’Europe) ont multiplié ces dernières années les mesures pour bannir des routes les véhicules les plus polluants. En Wallonie, la traque a pris plusieurs formes. Il y a d’abord ce qu’on en sait. Le précédent gouvernement MR-cdH a adopté un calendrier de phasing out entre 2023 et 2030 pour retirer des routes wallonnes les véhicules les plus polluants. Outre les moteurs au diesel ne répondant pas à la norme Euro 6d-temp ou supérieure, la mesure vise les motorisations à essence les plus polluantes.

À côté du calendrier de sortie, la Wallonie affine ses armes pour traquer les véhicules les plus polluants. "Dès 2021, tous les états membres devront imposer des essais pendant les 5 premières années de vie du véhicule pour vérifier qu’il respecte toujours les normes d’émissions imposées", explique le patron de l’ISSep.

Un screening en temps réel sur les routes

Pour le grand public, la mesure la plus visible se matérialisera d’ici un an par une analyse des émissions des particules fines au moment du contrôle technique.

Un nouveau banc d’essai, représentant un investissement de 5 millions pour la Région, va aussi être construit en Wallonie. Il permettra d’opérer des mesures officielles jusqu’à la norme Euro 6B. "Cela doit permettre de tester un pourcentage représentatif de la flotte wallonne."

"C’est un arsenal de plus dans la lutte contre la pollution de l’air."
Céline Tellier
Ministre de l’Environnement

En attendant son inauguration, la Wallonie vient de lancer une vaste campagne de vérification des émissions des véhicules en conditions de conduite réelles. Muni de caméras, le système de télédétection va permettre d’analyser en temps réels les émissions de 10 à 20.000 véhicules sur les routes namuroises cette semaine. Les résultats seront dans un deuxième temps couplés avec la base donnée de la DIV et permettront de sélectionner les marques et modèles des véhicules à envoyer sur le banc d’essai. "L’idée du screening n’est pas de se retourner contre le propriétaire du véhicule mais de se retourner contre une marque qui ne respecte pas les normes", insiste le directeur de l’ISSep.

Et après? Pour la nouvelle ministre de l’Environnement Céline Tellier, ces données constitueront des aides à la décision dans les mesures à prendre. "C’est un arsenal de plus dans la lutte contre la pollution de l’air." Il n’est d’ailleurs pas interdit d’imaginer que les données que fourniront tous ces tests en matière d’émission de CO2 ou de NOX alimentent la réflexion du ministre du Budget dans le cadre de sa réforme de la fiscalité automobile.

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