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La Wallonie mobilise 2,5 milliards d'euros à la suite des inondations

©BELGA

Le gouvernement wallon s'est notamment accordé pour venir en aide aux particuliers non assurés ainsi qu'aux entreprises frappées par les inondations.

Deux mois après les terribles inondations qui ont touché 209 des 262 communes de la Wallonie, le gouvernement wallon vient de prendre une série de mesures importantes afin de venir en aide aux sinistrés.

Mobilisation du plan de relance et de la BEI

Le résumé

  • La Wallonie va intervenir auprès des sinistrés non assurés et des entreprises.
  • Outre l'habitation, les aides se focaliseront sur les biens meubles ou les véhicules.
  • Les entreprises peuvent, elles, prétendre à un soutien financier sous certaines conditions.
  • Le gouvernement va enfin accorder une prime de 2.000 euros nets pour chaque apprenant qui s’engage dans le secteur de la construction.

En séminaire depuis samedi sous la houlette du ministre-président Elio Di Rupo (PS), l’urgence se situait surtout au niveau des ménages et des entreprises non assurés. Les chiffres restent imprécis, mais d’après le ministre-président, il y aurait entre 2.000 et 4.000 sinistrés non assurés et 950 entreprises et indépendants n’auraient pas une couverture assurantielle suffisante face aux risques spéciaux pour couvrir 100% des dégâts. Ces quelques chiffres montrent l’ampleur des moyens à mobiliser. D’après les dernières projections du gouvernement wallon, la catastrophe coûtera 3 milliards d’euros dont 2,5 milliards à charge des pouvoirs publics. La mobilisation de ces montants se fera notamment par un transfert de 800 millions du plan de relance, un accord de principe avec la Banque européenne d'investissement (BEI) pour 300 millions d'euros, 100 millions du fonds de relance européen ou encore via un préfinancement des assureurs à hauteur d'un milliard d'euros, remboursable en 10 ans à taux zéro. Le solde vient de l’intervention du secteur des assurances auprès des sinistrés assurés.

Solidarité envers les non-assurés

L’essentiel des discussions politiques de ces derniers jours concernaient l’intervention des pouvoirs publics auprès des ménages non assurés avec ce danger, rappelle Elio Di Rupo, d’encourager la non-assurance. "Il eut été inhumain de ne rien faire pour les personnes non assurées. Le gouvernement va accorder une indemnité partielle et un montant moindre que celui que ces personnes auraient obtenu si elles avaient été assurées". Concrètement, la Wallonie financera 50% du montant des dégâts sur les immeubles avec un plafond limité à 80.000 euros. À ce montant, les sinistrés dont l’habitation doit faire l’objet d’une dépollution obtiendront 10.000 euros de plus. Une indemnité supplémentaire est aussi prévue pour ceux qui touchent le revenu d’insertion sociale. L’habitat léger fera lui l’objet d’un plafond maximum de 20.000 euros.

"Il eut été inhumain de ne rien faire pour les personnes non assurées. Le gouvernement va accorder une indemnité partielle et un montant moindre que celui que ces personnes auraient obtenu si elles avaient été assurées."
Elio Di Rupo (PS)
Ministre-président de la Région wallonne

À côté des immeubles, une intervention de 10.000 euros maximum est convenue pour les biens meubles à l’intérieur des bâtiments.

Les propriétaires des véhicules endommagés seront également soutenus. "Il y a 12.000 véhicules sinistrés dont 6.000 ont une omnium et les 6.000 assurés en responsabilité civile. Nous interviendrons à hauteur de 50% des dégâts avec une aide minimale de 1.500 euros", détaille le ministre-président wallon. L’intervention montera jusqu’à 15.000 euros pour les camionnettes professionnelles, 10.000 pour les voitures, 5.000 euros pour les motocyclettes et 2.000 euros pour les cyclomoteurs, les vélos électriques ou les vélos cargo.

Une aide aux entreprises sous condition

2.000
euros de prime
Face au défi de la reconstruction et aux pénuries d'emploi, le gouvernement va accorder une prime de 2.000 euros nets pour chaque apprenant qui s’engage dans le secteur de la construction.

À côté des particuliers, le gouvernement a dégagé une série de moyens afin de venir en aide aux entreprises assurées et non assurées. Grosso modo, "950 entreprises sont concernées par des dégâts liés à des risques spéciaux et 600 au niveau de la couverture pour des risques simples", résume Willy Borsus (MR) le ministre en charge de l’Économie.

Partons du cas d’une entreprise partiellement assurée. Pour les entreprises de plus de 250 travailleurs (comme la câblerie d’Eupen ou Corman), l’intervention couvrira un maximum de 40% dans les dommages matériels non assurés (hors dommages liés à la perte d’exploitation).

"950 entreprises sont concernées par des dégâts liés à des risques spéciaux et 600 au niveau de la couverture pour des risques simples."
Willy Borsus (MR)
Ministre de l'Économie

Pour les entreprises entre 50 et 250 travailleurs, l’intervention ira à concurrence de 40% des dommages matériels non assurés (hors dommages liés à la perte d’exploitation). Pour les entreprises de moins de 50 travailleurs, l’intervention est à concurrence de 50% des dommages matériels non assurés (hors dommages liés à la perte d’exploitation).

L’intervention des pouvoirs publics est cependant conditionnée à "la reprise de l’activité économique à 20 km de l’implantation d’origine et au maintien de l’emploi pour une durée de 4 ans à un volume calculé sur la moyenne des 18 derniers mois. Ce volume doit être atteint au plus tard 18 mois après la reprise de l’activité."

Les entreprises non assurées auront, elles, une couverture des dommages matériels de 25% avec un plafond d’intervention à 500.000 euros.

Parmi les autres mesures importantes prises, en lien avec la reconstruction dans les zones sinistrées et les pénuries de main-d’œuvre, le gouvernement va accorder une prime de 2.000 euros nets pour chaque apprenant qui s’engage dans le secteur de la construction.

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