La Wallonie passe sous le seuil symbolique des 200.000 chômeurs

Le ciel se dégage sur le chômage wallon. ©BELGAIMAGE

La Wallonie totalise 195.986 demandeurs d’emploi inoccupés à la fin avril. Il faut remonter au début des années 1990 pour retrouver ce niveau.

En ce lendemain de fête du travail, la Wallonie franchit un seuil de chômage historiquement bas: 195.986 demandeurs d’emploi à la fin avril! Il faut remonter au début des années 1990 pour retrouver un niveau aussi bas dans le sud du pays. Soit près de 30 ans!

Si l’évolution depuis les années 1990 s’est faite en dents de scie, on peut dire que la Wallonie revient de loin depuis le pic de 286.716 chômeurs en septembre 2006. Depuis, malgré des soubresauts comme les 245.015 chômeurs en avril 2014, la courbe ne cesse de descendre pour atteindre aujourd’hui 195.986 chômeurs (hors chiffres de la communauté germanophone).

La population active a augmenté un peu moins vite en Wallonie et il y a une hausse des départs à la retraite.
Le Forem

Des astres bien alignés

Les explications pour analyser cette bonne tenue dans l’évolution des chiffres du chômage ces dernières années sont multiples. Il y a évidemment l’embellie sur le front de la conjoncture économique depuis 2014. Les créations d’emplois sont aussi robustes. L’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) estime par exemple à 15.000 le nombre de postes qui seront créés en Wallonie cette année. On pourrait aussi pointer les perspectives positives sur le front de l’embauche des employeurs, et de l’intérim. Au Forem, par exemple, les offres d’emplois reçues par les entreprises ont augmenté de 30% entre 2016 et 2017. Et entre janvier et mars, le Forem a reçu 37.500 offres. Bref, tous les astres semblent s’aligner correctement.

À côté de ces différents facteurs, le Forem évoque l’aspect démographique. "La population active a augmenté un peu moins vite en Wallonie et il y a une hausse des départs à la retraite." Il faut également rappeler que la réglementation sur le chômage a eu un impact à la baisse sur les chiffres. "En 2017, 4.358 personnes en fin de droit sont sorties des statistiques du chômage."

Enfin, d’autres mesures comme le tax shift et l’accompagnement individualisé des chômeurs ont aussi permis de booster l’emploi dans le sud du pays.

12,7% de la population active

Il n’y a cependant pas de quoi fanfaronner. Ce seuil symbolique demeure fragile et des soubresauts comme l’inscription des jeunes après leurs études cet été ou la réinscription de près de 7.000 personnes, aujourd’hui hors des statistiques du Forem, devraient vraisemblablement faire repasser le curseur au-delà des 200.000 chômeurs cet été.

Il ne faut pas non plus verser dans le triomphalisme car malgré ce palier franchi fin avril, 12,7% de la population active wallonne (contre 13,8% à la fin avril 2017 et 14,5% à la fin avril 2016) reste sans emploi. La situation est particulièrement inquiétante chez les jeunes de moins de 25 ans. Ils constituent 18,5% de la demande d’emploi, tandis que les personnes âgées de 50 ans et plus représentent 26,7%. "Cette classe enregistre le recul (-6%) le plus faible, considérant la baisse générale de -8,2%. Le groupe de personnes âgées de 30 à moins de 50 ans connaissent la plus forte diminution (-10,2%) entre 40 et moins de 50 ans, et -9,5% entre 30 et moins de 40 ans", constate le service d’étude du Forem.

La sous-qualification est aussi un élément particulièrement préoccupant pour les organismes de remise à l’emploi comme le Forem. Les personnes diplômées au plus de l’enseignement secondaire du 2e degré représentent 45,7% des demandeurs d’emploi inoccupés (DEI). "Les diminutions les plus importantes à un an d’écart concernent les DEI issus de l’apprentissage (-11,4%), ainsi que les personnes qui n’ont pas atteint le 2e degré de l’enseignement secondaire (-10,4%)."

Quant au cap vers le plein-emploi, aujourd’hui pointé comme objectif par le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Jeholet (MR), il est indiscutablement lié à des améliorations au niveau de la formation. "Environ 4 personnes sur 10 sont peu qualifiées au niveau des demandeurs d’emploi. Cette part de chômage structurel reste importante en Wallonie", estime le Forem.

©Mediafin

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