La Wallonie va consulter ses citoyens sur le climat

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Après Bruxelles, la Wallonie a adopté ce jeudi sa contribution au Plan national Energie climat (PNEC 2030). Que trouve-t-on dans ce fameux plan?

Le gouvernement wallon s'est positionné sur le Plan national Énergie climat (PNEC 2030). Ce document qui reprend les contributions des trois régions du pays et du fédéral en matière de lutte contre le réchauffement climatique doit impérativement être remis à la Commission européenne pour le 31 décembre 2019. Or "à cette heure, si les régions bruxelloise et wallonne ont confirmé le maintien du même niveau d’ambition minimal exprimé en décembre 2018, nous n’avons pas connaissance d’éventuelles modifications dans les chiffres du côté flamand", souligne le cabinet du ministre du Climat Philippe Henry (Ecolo).

Quels objectifs?

Pour aborder le PNEC et les objectifs wallons, il est peut-être important d’ouvrir un volet théorique en se replongeant dans les objectifs européens en matière de réduction des gaz à effets de serre.

Depuis 2005, l’Union européenne fait la distinction entre deux catégories: les émissions industrielles (reprises dans un système ETS et de quotas d’émissions) et celles en provenance des secteurs hors ETS comme les bâtiments ou l’agriculture. Le système ETS étant exclusivement une compétence européenne, le plan adopté aujourd’hui par la Wallonie se focalise donc sur le reste. L’objectif tel que mentionné dans la feuille de route wallonne vise une réduction de 35% entre 2005 et 2030 des émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs des transports, des bâtiments, de l’agriculture et des déchets.

Est-ce important ? Et bien, pour se rendre compte de la portée de l’objectif, il suffit de voir où on en est aujourd’hui. "En 2020 par rapport à 2005, la Wallonie a réduit de 15% ses émissions de gaz dans le secteur non ETS ", souligne le cabinet du ministre de l’Energie Philippe Henry. L’effort porte donc sur une vingtaine de pourcents supplémentaires d’ici à 2030.

55
%
La Wallonie visera non une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre, mais de 55%!

Pour y arriver, le gouvernement PS-MR-Ecolo a d’abord pris le temps de préciser la feuille de route rédigée par l’ancien gouvernement. Outre l’intégration de certaines remarques de l’Union européenne, "nous avons aussi soumis notre contribution wallonne à une enquête publique formelle en Wallonie. Nous avons reçu l’avis de 22 groupes d’acteurs tels que l’UWE ou l’IEW et 151 communes. Les principales remarques concernaient des demandes de précisions sur les propositions de politiques et mesures".

Les pistes à mettre en oeuvre

Voici maintenant les pistes qui vont être mises en œuvre. En matière de mobilité par exemple, la Wallonie va mettre en œuvre le plan FAST qui vise un transfert modal de la voiture vers le vélo ou les transports en commun. Le cabinet du ministre Henry pointe en particulier "les politiques en matière de Wallonie cyclable ou les investissements dans les transports en commun".

La stratégie de rénovation des bâtiments va également faire l’objet d’une série de mesures afin d’encourager les secteurs publics et les propriétaires privés à améliorer l’isolation. "L’objectif affiché est d’atteindre le label A pour l’intégralité du parc bâti d’ici à 2050."

Il est aussi question de renforcer "des moyens liés à la recherche et l’innovation pour les objectifs énergétiques et climatiques avec une balise établie à 110 millions d’euros par an".

Voilà pour l’immédiat.

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La Wallonie n’est pas Bruxelles. Il faut prendre en compte sa spécificité territoriales par rapport à Bruxelles.
Cabinet de Philippe Henry
Ministre du climat

Mais derrière cet objectif se cache un autre agenda plus ambitieux que s’est fixé la Wallonie d’ici 2030. La déclaration de politique régionale du gouvernement souligne que la Wallonie visera non une réduction de 35% des émissions de gaz à effet de serre, mais de 55%!

Cette phase qui sort du cadre strict du PNEC ne sera évidemment pas simple à aborder et elle va nécessiter des autorités publiques l’adoption de réformes basculantes et l’adhésion des Wallons.

Pour y arriver, le ministre Henry va lancer dès le printemps 2020 une vaste consultation citoyenne afin de prendre le pouls au sein de la population et des entreprises. "Il est important d’avoir la plus large adhésion ", insiste le cabinet Henry. S’en suivra une série de mesures. "Mais à cette heure-ci, toutes les options sont ouvertes même si l’objectif est bien de réduire notre consommation énergétique."

Dans l’entourage du ministre, on insiste cependant sur un point : la spécificité wallonne. "La Wallonie n’est pas Bruxelles. Il faut prendre en compte sa spécificité territoriale par rapport à Bruxelles."

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