La Wallonie va injecter 200 millions dans les maisons de repos d'ici 2020

©Xavier Willot

Un accord de principe pour le financement de nouvelles maisons de repos doit être validé par le gouvernement wallon ce mercredi.

Avec l’assurance autonomie, la réforme des maisons de repos est probablement un des derniers gros dossiers de la législature pour le ministre Maxime Prévot (cdH). C’est aussi le plus sensible!

Annoncé depuis le mois de juin 2016, le chantier a subi un certain retard notamment à cause des nombreuses tensions au sein de la majorité gouvernementale. Les deux partenaires PS et cdH ont visiblement eu beaucoup de mal à trouver un point d’équilibre acceptable.

L’ajustement de printemps bouclé par le gouvernement il y a une dizaine de jours aura aussi permis aux deux partis de s’accorder sur la marche à suivre et surtout sur un budget.

Papy boom d’ici 2025

Avant de se plonger dans les chiffres, rappelons le grand principe de la réforme. Le projet défendu par le ministre Maxime Prévot vise à "rebattre les cartes" d’une législation vieille de vingt ans qui n’est "plus du tout en phase avec les défis", alors que des milliers de lits manquent à l’appel.

En parallèle, le ministre veut inciter le secteur privé à construire davantage de maisons de repos. Cette montée en puissance des partenaires privés est rendue indispensable vu l’état dans lequel se trouvent les finances publiques et face à des CPAS qui n’arrivent plus à créer de nouvelles maisons de repos et à mettre aux normes les maisons de repos existantes.

L’objectif final est évidemment de mieux répondre au boom du vieillissement, qui nécessitera d’ici 2025 de 149.000 à 177.000 lits de maisons de repos.

2,6 millions €
Le ministre Maxime Prévot est parvenu à obtenir une avance de 2,6 millions pour procéder au maintien et à l’ouverture de certaines places déjà promises cette année.

Place maintenant aux chiffres. En marge de son ajustement budgétaire dont l’essentiel du travail a consisté à mettre la main sur une trentaine de millions afin de maintenir à 300 millions son déficit 2017, les ministres wallons se sont concentrés sur une série de dossiers "chauds" dont les maisons de repos. L’accord doit définitivement être validé par le gouvernement qui se tiendra exceptionnellement ce mercredi.

Dans les grandes lignes, le projet d’accord vise à assurer le financement du secteur à l’horizon 2020. Le gouvernement s’est accordé pour immuniser une enveloppe de 187 millions d’ici 2020. Cette somme doit servir à la rénovation des lits existants et la construction de nouveaux lits. Si le gros des montants – environ 80 millions – sera libéré en 2020, de nombreux investissements seront déjà entamés l’année prochaine. L’objectif affiché est d’arriver à construire 677 lits.

Maxime Prévot est également parvenu à obtenir une avance de 2,6 millions sur le budget 2020 pour procéder au maintien et à l’ouverture de certaines places déjà promises cette année.

À côté des 187 millions, un budget de 13 millions a aussi été dégagé pour financer les frais de fonctionnement des 677 lits.

Susciter le partenariat

Vu les enjeux, le débat n’est pas encore clos autour de l’équilibre entre public, associatif et privé dans ce secteur. Le gouvernement devrait en principe revoir l’actuelle règle qui, depuis 20 ans, bloque la création de lits entre l’associatif, le public et le privé. La clé de répartition actuelle est connue: 50% pour le privé, 21% pour les ASBL et 29% pour les CPAS.

Qu’en sera-t-il demain? Dans sa déclaration de politique régionale, "le gouvernement s’est engagé susciter le partenariat et mettre en place un statut sui generis entre le secteur public et l’associatif pour créer et gérer ensemble des structures d’hébergement pour personnes âgées".

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