La Wallonie va investir 1,2 milliard dans ses logements publics

Le budget débloqué permettra de rénover 25.000 logements wallons. ©Photo News

C'est un chantier gigantesque qui s'annonce en Wallonie avec la rénovation de 25.000 logements en 4 ans. La priorité sera d'améliorer la vétusté énergétique d'un parc immobilier public dans un état catastrophique.

C’est un chantier qui tombe à point nommé pour le secteur de la construction. Le gouvernement wallon PS-MR-Ecolo a adopté ce jeudi en première lecture son plan de rénovation du logement public. Pour se rendre compte de l’ampleur du chantier et des retombées qu’il aura sur le secteur de la construction en souffrance depuis la crise du Covid-19, il suffit de plonger dans les chiffres. Sur le plan budgétaire, le gouvernement va dégager, avec les sociétés de logement de service public, 1,2 milliard d’euros sur quatre ans.

25.000 logements

La Région financera 75% des montants à travers des subventions. Les sociétés de logement prendront à leur charge 25% sur base d’un prêt à taux zéro contracté par la Région. "Ce sont 1,2 milliard d'euros d'opportunités qui vont être offerts, en quatre ans, à nos entreprises dans un secteur à haute intensité en main-d'œuvre et où la Wallonie possède un véritable savoir-faire à valoriser", pointe Pierre-Yves Dermagne (PS), le ministre du logement.

"88% du parc public non rénové présente aujourd’hui un label entre C et G (dont 39% entre F et G)."
Pierre-Yves Dermagne
Ministre du logement

Derrière les chiffres financiers, l’enveloppe va surtout permettre de remettre aux normes actuelles un parc immobilier devenu vétuste au fil des années. Le gouvernement en avait d’ailleurs fait un de ses grands objectifs pour cette législature en s’engageant, à travers sa déclaration de politique régionale, à rénover 55.000 logements publics en Wallonie d’ici la fin 2030. Le 1,2 milliard permettra déjà d’en rénover 25.000, soit 45% de l’objectif.

Passoire énergétique

Un tel plan se justifie par l’état de vétusté énergétique du parc des logements publics. Sur les quelque 101.780 logements cadastrés et gérés par 63 sociétés wallonnes, 80% ont été construits entre 1950 et 1990. "Ils présentent donc des performances énergétiques d’une autre époque", reconnaît le ministre. Hormis les 17% du parc qui a été ou est en cours de rénovation énergétique, seuls 12% des logements non rénovés disposent d’un label énergétique A+, A ou B. "L’objectif du plan est d’amener l’ensemble du parc au minimum au label B intermédiaire d’ici 2030. Cela signifie que les logements doivent présenter de faibles besoins en chaleur, de bonnes performances dans les installations de chauffage et d'eau chaude sanitaire et un système de ventilation complet."

Pris séparément, chaque logement ciblé par le chantier de rénovation recevra 46.700 euros d’investissement. "Les travaux effectués vont entraîner des bénéfices immédiatement perceptibles en termes de salubrité et de confort, mais aussi d’économie sur la facture qui est un poste de dépense très important dans le budget des ménages moins aisés."

46.700 euros
Montant par logement
En moyenne, chaque logement va subir une rénovation pour un montant de 46.700 euros.

Si le gouvernement met évidemment en avant un objectif social avec "25.000 familles à faibles ou moyens revenus qui vivront mieux grâce aux investissements régionaux consentis dans leur logement", le ministre Dermagne pointe logiquement l’approche climatique du dossier. "88% du parc public non rénové présente aujourd’hui un label entre C et G (dont 39% entre F et G)."

Afin d’aller vite, les différents acteurs auront recours aux centrales d’achat qui "sont synonymes de gain de temps, de diminution des risques juridiques et d’économies d’échelle." Au niveau du calendrier, le ministre espère lancer les premiers travaux dès 2021. "L'objectif, c'est d'aller vite, avec des procédures allégées et des sanctions prévues en cas de non-respect des délais."

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