La Wallonie veut booster son e-commerce

©Flip Franssen/Hollandse Hoogte

L’Agence Wallone des Télécommunications épingle, dans son rapport TIC 2014, les manquements des acteurs belges de la ventes en ligne. L’enjeu : ni plus ni moins que se couper du client.

C’est devenu une tradition. Chaque année, l’Agence Wallonne des Télécommunications (AWT) publie son baromètre de l’utilisation des nouvelles technologies à l’échelle de la région. On y apprend que la fracture numérique s’y réduit même si 36% de Wallons continuent de vivre sans accès internet pour x ou x raisons.

On y découvre que la tablette a fait une percée dans la vie du citoyen lambda. iPad, Galaxy Tab et autres équiperaient aujourd’hui près d’un foyer sur trois (28%) avec une pénétration en hausse de 12% sur un an.

Cette année, l’AWT place néanmoins son curseur sur l’e-commerce "qui reste l’un de nos plus grands cauchemars en Wallonie", épinglent ses dirigeants. "Et il est plus que temps d’agir !", tranchent-ils.

Passer à côté du Graal

Selon les chiffres du secteur de la distribution que reprend l’Agence Wallonne des TIC, le business en ligne a pesé l’an dernier pour un total de 60 milliards d’euros en Belgique. "Seuls 10% de ces ventes ont pourtant été réalisées par des entreprises belges", précise l’AWT.

Parmi les raisons de ce ratage : le manque d’agressivité du commerçant wallon, l’étroitesse de son offre "due aussi à la difficulté qu’il a à s’ouvrir à l’international, alors qu’il reste confiné sur un marché national à la taille incomparable à la France ou les Pays-Bas dont proviennent la majorité des sites de ventes concurrents".

L’AWT souligne que seuls 30% des sites d’e-commerce hébergés en Wallonie disposent de versions multi-lingues (Anglais et/ou Néerlandais), leur permettant de s’ouvrir à une clientèle étrangère .Seuls 44% d’entre eux proposeraient une plateforme de paiement sécurisé, "or c’est devenu un argument crucial  pour conclue l’achat"

Presque aussi déterminant que les forums d’avis et de commentaires sur la marchandise sur lesquels se fonde masse d’internautes pour fixer leurs choix. Ici non plus, l’e-commerçant wallon "n’a pas encore adopté le reflexe", note l’AWT.  Moins d’un webshop sur cinq offre, selon son étude, cette interactivité.

L'enjeu du mobile

Pour l’AWT, le plus grand "couac" de l’e-commerce "Made in Belgium" reste néanmoins la quasi inexistance de sites adaptés aux nouvelles plateformes mobiles.  Seulement 3% des vendeurs en ligne distingueraient  réellement leur contenu pour le rendre lisible sur l’écran d’un smartphone ou d’une tablette. Or, "le mobile ce n'est pas prendre un site internet et le rendre plus petit. Il faut le repenser différemment". 

"95% des patrons wallons ont plus de 45 ans. Ils n’ont pas tous la fibre pour les nouvelles technologies comme peut l’avoir la génération Y", analyse l’AWT. "Nos entreprises de commerces doivent pourtant bien comprendre que le risque de se couper du consommateur moderne est grand", prévient l’organisme de promotion. 

"Aujourd’hui l’achat impulsif se fait assis dans le coin du sofa ou en trois clics dans une salle d’attente", contextualise ses responsables pour qui "il ne faut pas laisser le train passé".Un des remèdes, au-delà d’une meilleure information sur les nouveaux modes de consommation, pourrait être "de mutualiser les forces et les besoins des petites et moyennes entreprises", estime l’AWT.

Pour consulter le baromètre complet de l'AWT: cliquez ici

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